Kiara et Sasha Sopow, un couple de jeunes mariés, font partie des quelque 20 000 personnes visées par un ordre d’évacuation alors que le feu de forêt de Bald Range ravage le sud de l’Okanagan.
CTV News a rencontré le couple dimanche au Centre des opérations d’urgence de Penticton, où ils tentent de surmonter la perte du ranch familial situé à Faulder, une petite collectivité rurale près de Summerland.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«C’était notre ancrage. Nous avions l’intention d’y fonder notre famille pour toujours», a confié Kiara.
Vendredi, ils n’ont eu que quelques minutes pour évacuer alors que les flammes ravageaient la collectivité.
«Ma belle-mère a subi des brûlures assez graves aux bras et aux avant-bras», a expliqué Kiara.
«Tout s’est passé si vite. C’était un véritable brasier.»
— Kiara Sopow
Le ranch abritait des dizaines de chevaux et de bovins. «Nous avons réussi à faire sortir quatre chevaux, et pour les autres… nous avons dû ouvrir les barrières en espérant qu’ils s’en sortiraient», a-t-elle ajouté.
Kiara a depuis appris que la propriété familiale avait été détruite. «Nous avons perdu nos chiens. Nous n’avons pas pu les sortir à temps. Il ne reste tout simplement plus rien», a-t-elle lâché.
Mais au milieu de ce désespoir, une lueur d’espoir s’est manifestée. Miraculeusement, les chevaux et le bétail restants ont survécu à l’incendie.
«C’est vraiment un soulagement. Nous sommes allés sur place et nous les avons tous vus, regroupés, debout là, à nous attendre», a mentionné Sasha.
Le couple raconte avoir ensuite obtenu une autorisation spéciale pour pénétrer brièvement dans la zone d’évacuation afin de vérifier si leurs animaux allaient bien. C’est alors qu’ils ont pu constater de leurs propres yeux l’étendue des ravages, notamment les ponts détruits et les infrastructures endommagées.
«On roulait par-dessus et sous les lignes électriques avec mon camion, en slalomant entre les arbres en feu et tout ça pour sortir de là. Il y avait un vent de folie», a poursuivi Sasha. «C’est comme s’il ne restait plus rien du tout à Faulder.»
À présent, le couple s’efforce de mettre le reste de ses animaux en sécurité.
«On leur a donné à tous des biscuits pour chevaux et ils ont tous l’air en pleine forme. Ils sont tous venus en courant vers nous, comme s’ils étaient contents de voir des gens. On a un petit âne. Et lui aussi allait bien», a ajouté Kiara.

«Nous sommes en contact avec le gouvernement de la Colombie-Britannique et d’autres instances pour essayer d’obtenir les autorisations nécessaires», a indiqué Sasha à CTV News dimanche matin. «Juste pour qu’on nous autorise à nous rendre sur place avec nos remorques pour récupérer les vaches.»
Le maire de Summerland, Doug Holmes, affirme qu’il plaide auprès de la province pour que la priorité soit accordée aux personnes accompagnées d’animaux qui souhaitent entrer dans les zones d’évacuation à des fins de sauvetage.
«Ce sont les premières personnes que nous devons pouvoir laisser entrer, mais elles seront escortées à l’aller comme au retour, car il s’agit toujours d’une zone d’incendie», a-t-il dit.
Depuis, le couple a obtenu un permis pour secourir ses animaux et élabore actuellement un plan pour les faire évacuer d’ici les prochains jours.
Destruction généralisée, victime potentielle
La destruction causée à l’ouest de la ville par l’incendie de forêt de Bald Range est généralisée. Une vidéo provenant de la région de Faulder montre des véhicules calcinés, des forêts noircies et des maisons réduites à des fondations vides.
Les autorités ont confirmé d’importantes pertes de bâtiments, mais ont indiqué ne pas être en mesure de fournir d’informations précises pour l’instant.
La police enquête également sur des informations selon lesquelles une personne n’aurait pas survécu à l’évacuation. «J’ai entendu dire qu’une personne avait perdu la vie en tentant d’échapper à l’incendie», a mentionné le maire de Summerland, Doug Holmes. «Mais je crois que la GRC mène toujours une enquête à ce sujet, et ce sont eux qui devront le confirmer.»
La GRC a confirmé qu’elle enquêtait sur un décès potentiel.

Les autorités régionales s’empressent également de démentir les fausses informations circulant en ligne selon lesquelles une grande partie de la ville aurait été détruite. Le centre-ville de Summerland n’a subi aucun dommage», a soutenu Erick Thompson, du district régional d’Okanagan-Similkameen.
Les autorités ont reconnu que certains évacués ont dû attendre longtemps avant de recevoir l’aide des services d’urgence, alors qu’environ 10 000 personnes ont trouvé refuge à Penticton, la ville voisine.
«N’oubliez pas que bon nombre des bénévoles qui participent aux services d’aide d’urgence, qui combattent l’incendie ou qui travaillent au centre des opérations d’urgence sont eux-mêmes touchés», a expliqué M. Thompson. «Beaucoup d’entre eux, comme moi-même, ont dû quitter leur domicile pour l’instant.»
«On se sent tout simplement impuissant»
Pour Ted Vollo, agriculteur de troisième génération et propriétaire de la Summerland Heritage Cider Company, l’évacuation met en péril la récolte de pommes de cette année.
«On risque probablement de perdre une partie des fruits qui ne pourront tout simplement pas être récoltés», a-t-il dit. Si l’évacuation se prolonge au-delà de 5 ou 6 jours, M. Vollo a indiqué que, sans irrigation, les dégâts pourraient s’aggraver.
M. Vollo séjourne chez des amis à Penticton avec son jeune fils et son retriever doré. Son épouse était absente au moment de l’évacuation. Il reconnaît que cette incertitude a été difficile à vivre.
«On se sent tout simplement impuissant. Tout le monde s’ennuie vraiment et ne sait tout simplement pas quoi faire», a-t-il lancé.
Au total, environ 20 000 personnes, dont l’ensemble du district de Summerland ainsi que certaines parties de Peachland, sont toujours sous ordre d’évacuation. L’incendie s’est étendu sur une superficie de 13 618 hectares.
Bien que la situation autour de Penticton semblait plus calme dimanche, une épaisse fumée masquant ce qui se passe dans la zone de l’incendie sous un soleil teinté d’orange, les pompiers ont averti que le danger était loin d’être écarté.
Le BC Wildfire Service a indiqué que des vents changeants pourraient intensifier l’activité de l’incendie dimanche soir en poussant des braises et des flammes vers la forêt non encore touchée.
