PENTICTON — L'incendie qui fait rage près du lac Okanagan, en Colombie-Britannique, a coûté la vie à une femme de 80 ans alors qu'elle tentait d'échapper aux flammes, a indiqué dimanche la police, alors que des vidéos et des témoignages poignants faisaient état des ravages causés dans les environs.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Penticton a indiqué que cette habitante de Meadow Valley, au nord-ouest de Summerland, tentait de fuir avec un membre de sa famille «quand elle est décédée subitement» à cause de l'incendie.
La police a précisé que ce décès, signalé tôt samedi matin par un témoin qui était lui-même en train d’évacuer les lieux, était la seule victime connue de cet incendie qui a contraint environ 20 000 personnes à quitter leur domicile et réduit la communauté de Faulder à un champ de ruines.
Le service des coroners de la Colombie-Britannique mène actuellement une enquête sur les circonstances du décès de cette femme, est-il mentionné dans un communiqué.
La police n’a pas connaissance d’autres victimes dans cet incendie, qu’elle a qualifié d’«événement profondément traumatisant».
Les informations officielles concernant les dégâts causés par l’incendie de forêt de Bald Range sont rares depuis qu’il s’est déclaré vendredi et s’est propagé à toute vitesse vers les localités de Summerland et Peachland.
Mais l’ampleur des dégâts à Faulder, qui compte 215 habitants, apparaît clairement dans une vidéo fournie à La Presse Canadienne.
Des dizaines de bâtiments ont été réduits à leurs fondations, au milieu d’un paysage jonché de voitures calcinées et d’arbres brûlés.
Faulder, à l'ouest de Summerland, a été l'une des premières localités à être envahie par les flammes.
Will Roelfsema a fourni cette vidéo, précisant qu’elle avait été filmée par des proches encore présents dans la région.
«Nous avons dû évacuer deux fois ces deux derniers jours et nous n’avons pas beaucoup dormi, d’autant plus qu’une partie de notre famille se trouve toujours là-bas, à Darke Lake», a-t-il raconté à propos d’une zone faisant l’objet d’un ordre d’évacuation en raison de l’incendie.
Les autorités ont fait état de «pertes matérielles importantes» et ont déclaré l’état d’urgence provincial samedi.
Un véritable chaos
Dayna Joynt a raconté qu’elle se trouvait à Faulder vendredi. Elle apportait un gâteau qu’elle avait préparé pour fêter le sixième anniversaire de sa petite-fille avec son compagnon et leurs familles lorsque le feu s’est rapproché.
Elle a décrit le chaos qui a suivi, son compagnon et son frère ayant choisi de rester sur place pour lutter contre l’incendie malgré l’ordre d’évacuation.
Mme Joynt a raconté avoir été aspergée de gaz poivré et menottée par la police, qui lui a reproché de «ralentir les opérations», avant qu’elle ne parvienne finalement à s’enfuir en voiture, encerclée par les flammes.
«J’ai fait sortir tous les enfants et leurs véhicules du mieux que j’ai pu. Et puis, au moment où je suis partie, j’étais encerclée par les flammes. Tout mon monospace est calciné, j’ai fait fondre un pneu, j’ai percuté un camion en sortant. Il n’y avait pas âme qui vive aux alentours», a-t-elle témoigné.
Mme Joynt a expliqué que sa fille et ses deux petits-enfants avaient été évacués par hélicoptère, tandis qu’elle a rendu hommage à son compagnon et à son frère, qui ont utilisé des lances à incendie pour sauver leur maison et environ quatre autres à Faulder.
Kyla Gaudiuso est boulangère à Summerland, mais vit à Faulder. Elle a découvert que sa maison avait été détruite lorsqu’un pompier lui a envoyé une photo de la crête où elle se trouvait.
«On ne voit que du feu sur cette crête. Il est impossible que quoi que ce soit y ait survécu», a-t-elle mentionné.
Doug Holmes, maire du district de Summerland, a souligné qu’au départ, il n’était pas «trop inquiet» au sujet de l’incendie qui s’était déclaré à environ 15 kilomètres de sa municipalité.
Mais en l’espace de deux heures, la situation avait changé.
«Il s’était propagé si rapidement qu’il avait déjà atteint Summerland, et c’est là que les gens ont commencé à paniquer un peu», a indiqué M. Holmes lors d’une entrevue dimanche devant le centre d’évacuation.
Certains ont dormi sur des matelas gonflables avec leurs animaux de compagnie à l’intérieur, tandis que d’autres ont installé leurs caravanes et leurs autocaravanes sur le stationnement.
M. Holmes a indiqué que l’incendie semblait ravager toute la limite ouest de la ville, sur les rives du lac Okanagan.
Un centre d’urgence avait initialement été mis en place à Summerland, mais vers minuit, la décision a été prise d’évacuer toute la ville.
«C’était impressionnant de voir 12 000 personnes partir toutes en même temps, faire leurs valises, et les voisins s’entraider, notamment pour aider les personnes âgées», a souligné M. Holmes.
De nombreux ordres d'évacuation
Environ 10 000 foyers font l’objet d’un ordre d’évacuation à Summerland, à Peachland, dans les districts régionaux d’Okanagan-Similkameen et d’Okanagan central, ainsi que sur les terres de la bande autochtone de Penticton.
Plus de 3200 foyers sont soumis à des alertes d’évacuation de niveau inférieur qui s’étendent au nord au-delà de Peachland jusqu’à l’autoroute 97C, et au sud au-delà de Penticton, le long de la périphérie ouest de la ville.
M. Holmes a avancé qu’il était trop tôt pour faire le bilan des dégâts à Summerland, une zone où le feu fait rage, mais que des habitations avaient été détruites.
Il a encouragé les membres de la communauté à se soutenir mutuellement, affirmant que «le meilleur de l’être humain» se révèle en temps de crise, ce qui s’est clairement manifesté lors de l’évacuation.
La carte du service de lutte contre les feux de forêt de la province indiquant le périmètre de l’incendie suggère que celui-ci a ravagé des habitations dans le nord-ouest de Summerland avant d’atteindre le lac.
Dimanche, Penticton restait recouverte d’un épais voile de fumée, le service indiquant que la mauvaise visibilité entravait les opérations aériennes.
L’incendie de Bald Range est l’un des quatre feux de forêt notables de la province, qui menacent tous des habitations ou des communautés.
L'énorme incendie de Pear Lake a détruit des bâtiments sur environ 120 propriétés dans la région de Clinton, qui fait partie de la région du sud du Cariboo.
L’incendie de Bradley Creek, qui s’est propagé à toute vitesse à travers la réserve de la bande autochtone de l’Okanagan le 1er août, détruisant plus de 200 habitations, a été classé comme étant confiné à son périmètre actuel.
Le service de lutte contre les feux de forêt a indiqué dimanche qu’il s’attendait à un «risque élevé» d’incendies causés par la foudre, en particulier dans les régions de l’Intérieur central et de l’Okanagan.
— Avec des informations de Brieanna Charlebois à Vancouver
Brenna Owen, La Presse Canadienne
