Depuis lundi, les élèves du primaire et du secondaire au Québec doivent vouvoyer l’ensemble du personnel scolaire et utiliser les titres «madame» et «monsieur».
En Mauricie, l’utilisation du vouvoiement était déjà largement répandue. On ne juge donc pas que ce changement puisse améliorer les conditions de travail des enseignants. Un récent sondage vient justement mettre en lumière leur position.
«Quand on parlait d’incivilité, 80% de nos 7000 répondants avaient dit que ça avait vraiment augmenté dans les deux dernières années», révèle le président du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, Stéphan Béland. «Dans les solutions préconisées, les deux dernières positions allaient au port de l’uniforme et au vouvoiement.»
D’après M. Béland, le gouvernement s’est trompé de cible en interdisant le cellulaire en classe et en imposant le vouvoiement.
«Ça fait écran aux vrais enjeux dans le monde de l’éducation», avance M. Béland. «Il y a un coût aussi à ne pas avoir les services pour nos élèves pour leur réussite éducative et pour ce qu’ils vont faire dans la vie comme citoyens par après.»
L’application du vouvoiement n’est pas unanime, d’après les principaux intéressés sondés par Noovo Info en Estrie.
«Je vois qu’il y a beaucoup de profs qui ne veulent pas se faire vouvoyer. Ils trouvent que ça fait trop de distance.»
— Une élève du secondaire en Estrie
«Avant, on se tutoyait comme si on était des amis. Là, la politesse est plus alignée», confie un autre.
Pourquoi privilégier le vouvoiement au tutoiement?
À l’annonce de l’imposition du vouvoiement, plusieurs observateurs se sont demandé quel était l’avantage de la mesure.
La professeure de linguistique à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) Sandrine Tailleur estime qu’il s’agit d’une décision plutôt «symbolique». «Ce n’est pas parce qu’on se met à vouvoyer qu’on va tout à coup être 100% poli et que l’incivilité va disparaître», explique-t-elle.
«Mais c’est sûr que d’un point de vue linguistique, avoir un outil supplémentaire à son arc pour un enfant qui est dans une école et qui est capable d’utiliser le vouvoiement, que ce soit la conjugaison ou les relations sociales associées au vouvoiement, ce n’est pas quelque chose qui est négatif», continue Mme Tailleur.
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