La violence dans les écoles à Montréal est en augmentation et elle touche de plus en plus les jeunes filles. C’est ce que démontre le nouveau rapport de la santé publique de Montréal.
Ariane De Palacio, auteure du rapport, soutient qu’il y avait une baisse de la violence dans les 20 dernières années et qu’on voit maintenant une inflexion.
La proportion des filles vivant de la violence à l’école a atteint 41 % en 2022-2023 contre 36 % en 2016-2017. Mais cette violence s’élevait à 39 % en 2010-2011.
«On repart légèrement à la hausse. Ce n’est pas une hausse qui est excessive, mais quand même, on parle d’une baisse pour aller remonter. Ce n’est jamais bon signe», dit Mme De Palacio, ajoutant que cette augmentation est essentiellement portée par les filles.
Elle souligne qu’il y a, à l’heure actuelle, plusieurs facteurs de risque pour la violence au niveau notamment de la santé mentale et du bien-être des jeunes.
Noovo Info rapportait d’ailleurs dans une série de reportages diffusés en février que la violence est en hausse dans les écoles de Montréal. On apprenait d’ailleurs que le Centre de services scolaire de Montréal a recensé pour la première fois de son histoire tous les actes à caractère violent sur son territoire. Et pour l’année scolaire 2023-2024, on dénombre 3926 événements violents, dont 36 impliquant des armes.
Plusieurs jeunes rencontrés par Noovo Info ont aussi raconté avoir vécu de la violence à l’école ou en avoir été témoin.
Une élève a indiqué que la violence verbale était très présente et qu’il y avait «beaucoup de disputes» entre élèves.
Rafaël Provost, directeur général d’Ensemble pour le respect de la diversité, a rencontré des jeunes dans les derniers jours qui lui ont répondu que la violence augmente notamment parce qu’elle est banalisée et qu’il n’y a pas assez de conséquences.
«Une jeune qui me disait “je me fais traiter de salope continuellement, je le dénonce, il n’y a rien qui se passe”», déplore M. Provost.
La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, s’est dite inquiète des données révélées par le rapport de la santé publique de Montréal et les partis de l’opposition demandent la teneur d’états généraux sur l’éducation ou d’une enquête nationale sur les violences dans les écoles.

