Le président des États-Unis Donald Trump a prédit que son gouvernement pourrait conclure une entente commerciale avec le Canada «assez bientôt», après avoir répété que son pays s’était fait «arnaquer» par son voisin du nord.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
M. Trump a fait cette remarque alors qu’il répondait aux questions des journalistes en Irlande, aux côtés du Taoiseach (premier ministre) de ce pays, Micheál Martin. Un journaliste lui avait demandé s’il envisageait de se retirer de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM.
«On va avoir une super relation avec le Mexique. En fait, on a déjà une bonne relation avec le Canada, mais les États-Unis se font arnaquer par le Canada depuis 50 ans», a-t-il dit.
«On n’a pas besoin de leurs produits, et eux, ils ont besoin des nôtres. Ils font presque tout leur commerce avec nous, alors qu’on en fait très peu avec eux.»
— Donald Trump, président des États-Unis
D’après les données du Bureau du recensement des États-Unis, le Canada a exporté pour 382 milliards de dollars américains de marchandises vers les États-Unis en 2025 et en a importé pour 334 milliards. Un rapport de la Banque TD sur les échanges commerciaux entre les deux pays a révélé qu’en 2024, le Canada était le deuxième partenaire commercial des États-Unis, derrière le Mexique. Selon la banque, quelque 34 États vendent plus de marchandises au Canada qu’à n’importe quelle autre économie étrangère.
Le Canada, les États-Unis et le Mexique sont en pleine négociation commerciale. L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) a fait l’objet d’un examen régulier cet été, et les États-Unis ont choisi de ne pas le renouveler tout de suite. À la place, les «Trois Amigos» participeront à des examens annuels, tandis que l’accord lui-même reste en vigueur.
Entre-temps, les négociateurs commerciaux canadiens et américains semblent poursuivre leurs discussions en coulisses, même après l’échec des pourparlers officiels le 21 août. Ce jour-là, le premier ministre Mark Carney a rappelé sa délégation d’Ottawa après avoir déclaré que les États-Unis avaient imposé de nouvelles exigences inacceptables à la dernière minute. Les Américains ont quant à eux blâmé le Canada pour cette impasse.
Ralphe Goodale, membre du comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis de Mark Carney, a qualifié l’offre américaine de «unilatérale» et de «fondamentalement non rentable» lors d’une entrevue accordée samedi à CTV News Channel.
À la suite de cette rupture, Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur près de 28 milliards de dollars de produits canadiens. Les droits de douane de rétorsion canadiens sont entrés en vigueur mardi; plus tard dans la journée, Trump a signé de nouveaux décrets pour interdire l’importation de certains produits canadiens, dont la plupart des alcools. Il a aussi ajouté de nouveaux produits à la liste des droits de douane et en a retiré d’autres, notamment le papier hygiénique, le ciment et le sel de déneigement.
Droits de douane sur les produits agricoles
Samedi, Trump s’en est aussi pris aux importations agricoles du Canada.
«Ils imposaient des droits de douane de 400 % à nos agriculteurs», a-t-il affirmé, faisant apparemment référence au système de gestion de l’offre du Canada – un système qui régule la quantité de produits agricoles entrant dans le pays.
Les œufs, la dinde, le poulet et les produits laitiers relèvent de ce système, qui permet à une certaine quantité de ces produits d’entrer au pays avec des droits de douane faibles, voire nuls. Si ce quota est dépassé, les importateurs doivent payer des droits élevés.
M. Goodale a qualifié la description de M. Trump de «fausse sur le plan factuel» et de «partie du jeu de relations publiques».
Le Canada, un «ennemi »?
«Le Canada veut vraiment conclure une entente», a affirmé Donald Trump aux journalistes samedi, en évoquant aussi un éventuel accord de paix avec l’Iran.
«Le Canada veut conclure une entente, et l’Iran veut conclure une entente. Et au moment opportun, ces deux choses pourraient se produire», a-t-il dit, en ajoutant qu’il espérait que «le Canada apprécie d’être mentionné dans la même phrase que l’Iran».
Scott Reid, commentateur politique à CTV News, a soutenu que le fait que Trump ait inclus l’Iran dans sa réponse «en dit long sur la nature destructrice de la politique étrangère de Donald Trump».
«On nous traite désormais ouvertement comme un ennemi», a déclaré Reid, qui a été directeur des communications de l’ancien premier ministre libéral Paul Martin. Il a ajouté que les commentaires de Trump pourraient «renforcer la détermination» des Canadiens qui envisagent un éventuel accord commercial avec les États-Unis.

