Si les clients étaient au rendez-vous dans les cabanes à sucre du Québec pour la longue fin de semaine de Pâques, on ne peut pas en dire autant du sirop d’érable.
Avec un mois de mars particulièrement froid et des remontées de températures attendues en avril, la saison des sucres pourrait bien se terminer aussi vite qu’elle a commencé.
Facteurs climatiques: moteur de la production
Le succès de la récolte repose sur un équilibre thermique précis : l’alternance entre le gel nocturne et le dégel diurne, essentielle pour provoquer la coulée de la sève.
Or, que ce soit en Mauricie, au Saguenay ou en Estrie, ces conditions n’ont été que rarement réunies ces dernières semaines, limitant la production à quelques coulées sporadiques.
Ce contexte pèse lourdement sur le bilan des acériculteurs de la province.
C’est notamment le cas de Jean-Philippe Brière, fondateur de l’Érabrière.
«Je suis environ à 40% pour une saison normale en termes de quantité de sirop d’érable produit», a-t-il confié.
Bien qu’il n’espère plus atteindre ses volumes habituels, il mise désormais sur les coulées d’avril pour limiter les pertes financières et stabiliser son chiffre d’affaires.
Un appel à la réforme
Pour Jonathan Blais, président des producteurs et productrices acéricoles de l’Estrie, une réforme similaire à celle en foresterie serait nécessaire afin de protéger l’industrie acéricole.
Selon lui, en Estrie, c’est 2500 hectares qui auraient été identifiés par la filière acéricole pour être exploités. Mais le président des producteurs et productrices acéricoles de l’Estrie craint que la lenteur administrative du gouvernement provincial mette en péril l’industrie.
«On a un ministre qui n’est pas en contrôle de son ministère», a-t-il ajouté.
Vers une baisse de régime en 2026?
S’il est encore prématuré de dresser un bilan définitif pour l’année 2026, la tendance diffère de l’euphorie des saisons précédentes.
Les années 2024 et 2025 avaient en effet atteint des sommets historiques avec des productions respectives de 19,9 et 18,9 millions de gallons.
Après de tels records, un essoufflement de la production pour l’année en cours semble de plus en plus probable.
