Économie

«Ça coule enfin!»: les producteurs de sirop d’érable du Québec entrent dans un sprint

La saison 2026 a débuté avec du retard et pourrait être courte.

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Sirop d'érable
Sirop d'érable Sirop d'érable (Producteurs et productrices acéricoles du Québec)

L’inquiétude était palpable récemment chez de nombreux acériculteurs du Québec alors que Dame nature tardait à présenter les conditions idéales pour lancer la production de sirop d’érable. «Ça coule enfin», a toutefois lancé avec enthousiasme à Noovo Info mercredi Joël Vaudeville, porte-parole des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).

La plupart des productions acéricoles situées au sud du Québec ont vu leurs érables commencer à produire de la sève.

Si la coulée n’a pas débuté dans certaines régions situées plus au nord, le travail devrait s’amorcer dans les prochains jours, estime Joël Vaudeville.

«Les premiers à produire sont normalement les producteurs situés le long de la frontière américaine (Montérégie, Estrie, la grande région de Montréal) et plus le printemps avance, plus la production se déplace vers le nord. On fait du sirop d’érable jusque dans les Laurentides, en Gaspésie voire au sud du Lac-Saint-Jean», a expliqué le porte-parole des PPAQ.

La grève à la Coopérative Citadelle bloque l’embouteillage de sirop d’érable Les travailleurs de la Coopérative Citadelle de Plessisville sont en grève générale illimitée depuis le 18 mars dernier ce qui inquiète de nombreux acériculteurs alors que le moyen de pression bloque l’embouteillage de sirop d’érable en pleine saison des sucres.

Il y a donc de l’espoir que les prochaines semaines comptent beaucoup de bonnes journées pour la coulée des érables alors que le mois de mars a été particulièrement froid.

«On a manqué de journées de production sur ce qu’on avait comme moyenne habituelle. Il va falloir faire un maximum de sirop en avril», a confié M. Vaudeville.

Règle générale, la récolte de sève représente environ une vingtaine de jours de production par printemps. «C’est dire le sprint qui attend les producteurs lorsque ça commence à couler pour vrai», a-t-il souligné.

Les craintes d’une fin trop hâtive

S’il est question de belles variations de chaleur, avec du gel la nuit, dans les prévisions météos actuelles, les producteurs acéricoles craignent tout de même une fin de saison abrupte.

«Si la chaleur s’installe sur la durée, il va avoir le réveil de l’arbre et le processus de bourgeonnement va débuter et, règle générale, ça indique la fin de la saison acéricole», a expliqué le porte-parole des Producteurs et productrices acéricoles du Québec.

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érablière Une érablière, photographiée à Roxton Pond, le 9 mars 2026. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Depuis toujours, les fluctuations dans la production de sirop d’érable au Québec sont attribuées à la température.

«Ce n’est jamais le savoir-faire des producteurs, ce n’est pas la technique. Oui, la technique exerce une influence sur le rendement à l’entaille, mais la première responsable c’est dame nature. Ces temps-ci, on avait du froid qui ne voulait pas partir», a expliqué M. Vaudeville.

Les conditions optimales pour récolter la sève des érables à sucre sont d’avoir une température autour de 5°C le jour et d’environ -5°C la nuit. «Plus nous avons ces températures, plus il y aura de jours de coulée», a mentionné Joël Vaudeville.

Des prix stables pour 2026

Il est encore trop tôt pour déterminer si la saison 2026 de sirop d’érable sera qualifiée de «moyenne» ou «élevée» - des données seront disponibles à la fin mai ou au début juin.

Mais, même si le début de saison a été lent, il ne faut pas nécessairement s’attendre à une hausse des prix pour les consommateurs, selon Joël Vaudeville.

«Le prix du sirop d’érable est conventionné et on ne parle pas de pénurie», a-t-il souligné tout en précisant que l’inventaire de la filière acéricole contenu dans la réserve stratégique - gérée par les PPAQ - est suffisant.

«La réserve stratégique assure un approvisionnement constant des marchés, indépendamment de l’ampleur de la récolte», a-t-il dit.

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Érablière Côté et Fils Un homme surveille la filtration du sirop d'érable à l'Érablière Côté et Fils à Roxton Pond, le 9 mars 2026. (Christinne Muschi)

Selon des données des Producteurs et productrices acéricoles du Québec, la province compte sur quelque 8400 entreprises acéricoles qui regroupent 55,5 millions d’entailles en exploitation.

La production de 2025 des producteurs et productrices acéricoles du Québec s’élève à 225 millions de livres de sirop d’érable.

Le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d’érable et 90 % de la production canadienne de sirop d’érable.