Économie

La croissance économique devrait s'établir à 0,7 % en 2026, selon Deloitte

Plusieurs facteurs pèsent sur l’économie, dont les tensions commerciales et les coûts de l’énergie.

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Le logo de Deloitte sur un immeuble à Ottawa, photographié le vendredi 17 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Le logo de Deloitte sur un immeuble à Ottawa, photographié le vendredi 17 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick (Sean Kilpatrick)

Deloitte Canada s’attend à ce que l’économie canadienne rebondisse vers la fin de l’année, pour afficher une croissance de 0,7 % en 2026, après un premier trimestre marqué par une activité atone.

Dans ses perspectives économiques estivales, publiées jeudi, le cabinet de conseil note que plusieurs facteurs pèsent sur l’économie, dont les tensions commerciales, les coûts de l’énergie, les pressions sur les chaînes d’approvisionnement et le faible niveau de confiance.

L’économiste en chef de Deloitte Canada, Dawn Desjardins, s’attend toutefois à une reprise de la croissance économique l’année prochaine, alors qu’elle devrait atteindre 2 % en 2027.

«À mesure que la situation s’éclaircit sur certaines de ces questions clés qui pèsent sur notre économie, nous pensons que les investissements des entreprises vont s’accélérer, ce qui créera des emplois», a-t-elle expliqué en entrevue.

«Cela contribuera également à rassurer les consommateurs canadiens, car à l’heure actuelle, leur confiance est plutôt faible: les gens s’inquiètent pour leur avenir financier et pour leur emploi. Tous ces éléments se combinent pour former un message plus optimiste pour 2027», a-t-elle mentionné.

Des immeubles à logements construits à quelques mètres de leur maison unifamiliale: des résidents de Saint-Hyacinthe livrent un combat contre la densification Deux résidents de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, se tournent vers la Cour supérieure pour combattre la densification de leur quartier. Ils ont intenté une poursuite contre la Ville et un constructeur, qui a érigé un immeuble à logements à côté de leur maison unifamiliale.

Mme Desjardins a souligné que deux hypothèses principales, prises en compte dans les prévisions de Deloitte, pourraient contribuer à renforcer la confiance des entreprises.

La première est que le Canada conserve un accès «relativement» exempt de droits de douane au marché américain, même si certains secteurs, comme ceux de l’acier et de l’aluminium, pourraient être soumis à des droits plus élevés.

Deuxièmement, les changements de politique gouvernementale contribueront à faire remonter le moral des entreprises, notamment grâce à des efforts visant à réduire les barrières commerciales interprovinciales et à des dépenses consacrées à des projets d’envergure.

Rumeurs exagérées

Dans son rapport, Deloitte Canada reconnaît que l’économie canadienne stagne, mais plaide que les rumeurs de récession sont exagérées.

Statistique Canada a indiqué en mai que la croissance économique s’était essoufflée au premier trimestre, entraînant une deuxième baisse trimestrielle consécutive du produit intérieur brut réel, ce qui correspond à la définition d’une récession technique.

Cependant, de nombreux économistes se sont opposés à l’idée de qualifier cette faiblesse de récession.

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Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a minimisé la situation, tandis que le Conseil du cycle économique de l’Institut C.-D. Howe, arbitre traditionnel en matière de récession, a tranché qu’il était trop tôt pour utiliser ce terme.

Deloitte partage cet avis.

«En fait, au-delà des chiffres publiés, il y a peu d’indications qu’une récession est en cours», a fait valoir Mme Desjardins dans le rapport.

Elle a souligné que seuls certains secteurs de l’économie sont en contraction, comme ceux de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre, qui sont soumis à de lourds droits de douane.

«Quand on pense à une récession, celle-ci touche généralement l’ensemble de l’économie, elle est prolongée et elle est profonde. Or, au vu de tous ces indicateurs, nous n’avons tout simplement pas l’impression d’en être là», a expliqué Mme Desjardins.

Négociations commerciales

Dans son rapport, Deloitte soutient que les différends commerciaux non résolus avec les États-Unis restent le principal risque pesant sur les perspectives économiques du Canada.

L’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM), approche de la date limite du 1er juillet pour son renouvellement.

L’ACEUM doit expirer en 2036, mais un renouvellement repousserait cette date d’expiration à 2042. Si les parties ne parviennent pas à s’entendre sur un renouvellement, l’ACEUM fera l’objet d’un réexamen annuel pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans.

«Le non-renouvellement de l’ACEUM ou un durcissement supplémentaire des droits de douane américains porterait un coup dur aux exportations canadiennes et à la confiance du pays», a prévenu le cabinet de conseil.

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«Selon les modélisations internes réalisées par Deloitte, la perte de l’accès libre de droits de douane au marché américain aurait des conséquences considérables pour notre économie et des pertes de production en découleraient, malgré les efforts de diversification commerciale.»

En revanche, une clarification de la situation contribuerait à réduire l’incertitude, et il est également possible que la situation s’améliore pour les secteurs qui sont actuellement confrontés à des droits de douane élevés.

Investissements

Selon Mme Desjardins, les investissements des entreprises devraient rester modérés cette année, puisque ces dernières préfèrent rester en retrait jusqu’à ce que la situation commerciale se précise.

Toutefois, les investissements des entreprises devraient s’améliorer en 2027, en grande partie grâce aux mesures gouvernementales visant à mobiliser les capitaux privés et à simplifier les procédures d’approbation des projets.

Le programme économique du premier ministre fédéral, Mark Carney, prévoit notamment d’investir dans les infrastructures, tout en diversifiant les partenariats au-delà des États-Unis. Cette stratégie s’est traduite par la création d’un Bureau des grands projets, dont la mission est d’accélérer l’examen des projets.

«La véritable occasion de croissance découlera de la combinaison des investissements publics dans les infrastructures et les dépenses consacrées à la défense, aux minéraux critiques et aux ressources naturelles», peut-on lire dans le rapport.

Énergie

Si la hausse des prix de l’énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient a profité aux producteurs d’énergie canadiens, l’effet global a été négatif pour les consommateurs et les entreprises.

Mme Desjardins anticipe un recul des prix de l’énergie au cours de l’année, une tendance qui semble déjà se dessiner sur les marchés à terme.

Statistique Canada a annoncé lundi que l’inflation avait bondi à 3,2 % en mai, comparativement à 2,8 % en avril, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis décembre 2023.

Cependant, M. Macklem a affirmé mardi qu’il ne voyait aucun signe d’inflation généralisée, même si les pressions sur les prix se sont intensifiées le mois dernier.

Les cours du pétrole ont baissé récemment: ils s’établissaient mercredi à un peu moins de 70 $ US le baril, après avoir dépassé les 100 $ US le baril à la fin avril.

«Si les courbes des contrats à terme se confirment, et si les prix de l’énergie continuent de baisser, cela allégera en partie la pression sur le budget des ménages», a souligné Mme Desjardins.