Économie

L'inflation alimentaire augmente avec les fruits et légumes qui deviennent plus chers

Les consommateurs ont payé plus cher le brocoli, les tomates, le chou-fleur et la laitue à la caisse des supermarchés.

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Des tomates cerises sont exposées au marché Jean-Talon, le lundi 11 janvier 2016 à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson Des tomates cerises sont exposées au marché Jean-Talon, le lundi 11 janvier 2016 à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE (Paul Chiasson)

La hausse des prix des denrées alimentaires a continué de dépasser l’inflation globale pour le 16e mois consécutif, selon les données de Statistique Canada, et aucun soulagement n’est en vue pour les consommateurs, les prix élevés de l’essence pesant sur le panier d’épicerie.

L’inflation alimentaire a progressé d’un demi-point de pourcentage en mai pour s’établir à 4,3 % en glissement annuel, tirée à la hausse par le coût élevé des fruits et légumes, a indiqué lundi l’agence.

L’inflation globale s’est établie à 3,2 % en glissement annuel le mois dernier.

Les consommateurs ont payé plus cher le brocoli, les tomates, le chou-fleur et la laitue à la caisse des supermarchés, les prix des légumes frais ayant augmenté de 9 % par rapport à mai 2025.

Les prix des tomates ont bondi de 45,2 % en raison des mauvaises conditions météorologiques au Mexique et d’une baisse des surfaces cultivées, alors que les États-Unis ont imposé des droits de douane sur ce fruit, a précisé l’agence fédérale.

«Les tomates ont été confrontées à une véritable tempête», a mentionné Michael von Massow, économiste alimentaire à l’université de Guelph.

Il a ajouté que cela mettait en évidence les problèmes de résilience du système alimentaire du pays, qui dépend de sources d’importation limitées, en particulier pendant les mois d’hiver.

Statistique Canada a indiqué que les prix des légumes frais avaient augmenté de 5,5 % d’un mois sur l’autre, ce qui représente la plus forte hausse enregistrée en mai depuis 2008, après avoir baissé de 3,9 % en avril.

Parallèlement, les baies et les raisins ont entraîné une hausse des prix des fruits frais de 5,3 % par rapport à l’année dernière.

Irene Nattel, analyste chez RBC, a fait savoir dans une note que, bien que les prix des carburants aient baissé par rapport à leurs récents sommets, le prix du diesel reste un frein notable, celui-ci ayant augmenté de plus de 22 % en glissement annuel.

La récente faiblesse du dollar canadien affecte également les importations de produits alimentaires.

M. Von Massow a précisé que le transport représentait en moyenne environ 10 à 15 % des prix de détail des fruits et légumes, en raison des longues distances à parcourir et d’une durée de conservation plus courte.

Les prix des produits frais sont poussés à la hausse alors que les prix de l’essence restent élevés dans le contexte du conflit en cours au Moyen-Orient, qui a de fait bloqué le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour les pétroliers, et perturbé un cinquième de l’approvisionnement énergétique mondial.

«Les coûts de transport sont à l’origine de cette hausse générale dans l’ensemble de la catégorie, avec toutefois certaines variations en fonction de la distance parcourue et des rendements enregistrés au cours de l’année», a expliqué M. von Massow.

Statistique Canada a indiqué que les prix de l’essence avaient augmenté de 33,2 % en glissement annuel le mois dernier. L’agence a précisé que le mois dernier, les consommateurs avaient payé le prix de l’essence le plus élevé depuis juin 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait entraîné une incertitude quant à l’approvisionnement.

M. von Massow a souligné que les prix de certains fruits et légumes frais pourraient baisser à l’approche de la saison de culture au Canada.

Les tomates, en revanche, ne devraient pas connaître de baisse significative avant fin juillet ou début août, lorsque la saison des récoltes commencera, a-t-il précisé.

«Il faut également tenir compte du fait que la demande de tomates augmente en été, a-t-il ajouté. On fait plus de barbecues, on prépare plus de salades fraîches, et donc la demande de tomates augmente. Cela fait également grimper les prix.»