Les Canadiens qui souhaitent réserver des vols dans les semaines et les mois à venir pourraient voir les tarifs aériens augmenter considérablement, car la guerre en Iran fait grimper le prix du kérosène.
John Gradek, professeur en gestion aéronautique à l’Université McGill, estime que les vols internationaux pourraient augmenter de 100$ à 200$ par trajet si les prix du kérosène restent élevés.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Il faut s’attendre à des augmentations de tarifs, et même à des augmentations importantes, au cours des prochains mois», a-t-il dit à CTV News.
«Si vous souhaitez acheter un billet la semaine prochaine, les surcharges carburant seront appliquées. Si vous achetez un billet pour juillet ou août, oui, ces surcharges seront appliquées.»
— John Gradek, professeur en gestion aéronautique à l’Université McGill
M. Gradek ne sait pas quel sera l’impact sur les vols intérieurs, car les compagnies aériennes pourraient essayer de minimiser les effets en Amérique du Nord.
Si rien ne peut être fait, il soupçonne qu’une surcharge carburant comprise entre 50 et 100$ sera probablement ajoutée aux vols canadiens et américains.
Dans une déclaration à CTV News, West Jet a affirmé que le carburant est le coût de production le plus important pour une compagnie aérienne et que la hausse brutale du prix du kérosène a déjà rendu l’exploitation des vols plus coûteuse.
«Sur cette base, il est probable que d’autres ajustements de prix soient nécessaires», a souligné la compagnie.
Un porte-parole de Porter Airlines a déclaré qu’il était trop tôt pour prévoir l’impact sur le prix des billets.
Air Canada n’a pas non plus souhaité spéculer sur les prix futurs, mais a affirmé que la compagnie aérienne avait pris «des positions de couverture pour une petite partie de ses besoins à court terme afin de gérer la volatilité des prix du carburant pour les revenus déjà enregistrés».
Le prix du pétrole fluctue
Selon Google Flights Price Tracking, un billet aller simple de Saskatoon à Toronto en mai coûtait environ 137$ il y a une semaine. Ce même vol coûte désormais environ 226$.
De même, un vol international en mai de Saskatoon à Londres, en Angleterre, coûtait 563$ la semaine dernière. Cette semaine, il coûte 649$. On ne sait pas si la flambée des prix du pétrole est à l’origine de ces augmentations spécifiques.
Au début de la semaine, le prix du pétrole a fluctué à la hausse et à la baisse, mais il est resté supérieur à 90$ le baril, soit environ 40% de plus que ce que les compagnies aériennes avaient prévu dans leurs budgets, selon M. Gradek.
«Quel que soit le chiffre final, il sera supérieur à ce que les compagnies aériennes avaient prévu de dépenser en 2026 dans leurs budgets et dans le calcul de leurs tarifs aériens», a-t-il expliqué.
Mardi, Scandinavian Airlines, ainsi que des compagnies aériennes australiennes et néo-zélandaises, ont annoncé des hausses de tarifs aériens en raison de la flambée des coûts du carburant provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Robert Kokonis, président de la société de conseil en aviation AirTrav Inc. basée à Toronto, estime qu’il est trop tôt pour dire quel sera l’impact du conflit sur les tarifs aériens au Canada.
Si les hostilités au Moyen-Orient se poursuivent et que les prix élevés du pétrole se maintiennent pendant encore deux semaines, il reconnaît que «nous verrons une partie de cette augmentation du prix de l’énergie se répercuter sur le coût des billets d’avion». À ce moment-là, les compagnies aériennes pourraient réintroduire des surcharges carburant, selon lui.
«Les compagnies aériennes font preuve d’une grande prudence dans leur approche», a expliqué M. Kokonis. «Si elles augmentaient le prix des billets d’avion, cela aurait certainement un impact sur la demande.»
Même le coût actuel des billets d’avion incite Jamie Vinken, une résidente de Regina, à reconsidérer ses projets de voyage avec son partenaire pour cette année. De futures augmentations ne feraient que confirmer sa décision.
«Il devient de plus en plus difficile de se rendre dans différents endroits de notre propre pays», a-t-elle confié. «À ce stade, nous allons probablement nous contenter de faire du camping en Saskatchewan, où nous pouvons nous rendre en voiture.»
Mais Mme Vinken n’a pas d’autre choix que de réserver un vol pour le mois de mai. Elle doit passer un examen à Ottawa.
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En général, elle réserve ses vols environ six semaines à l’avance, car elle estime que les prix sont alors plus avantageux. Mais elle ne veut pas prendre le risque d’une éventuelle augmentation des prix due à la flambée des coûts du carburant.
«Je vais essayer de réserver le plus tôt possible», a-t-elle affirmé. «J’ai simplement trop peur de regarder les coûts réels en ce moment.»
M. Kokonis soutient que la décision finale revient à chaque consommateur, mais qu’il serait peut-être judicieux de réserver ses billets d’avion dès maintenant.
Si le voyage est prévu dans les prochaines semaines, les voyageurs peuvent se permettre d’attendre, dit-il. Mais les passagers qui prévoient un voyage international cet été ou cet automne devraient envisager d’acheter leurs billets rapidement.
Selon M. Gradek, les surcharges carburant soutenues ont tendance à s’intégrer dans la structure tarifaire de base une fois que les passagers s’y sont habitués après quelques mois.
«Bonne chance si vous pensez que ces surcharges vont disparaître», a-t-il ajouté.
Les prix des vols intérieurs devraient être plus avantageux que ceux des vols internationaux. M. Gradek estime que la concurrence entre les compagnies aériennes est suffisante au Canada pour que les prix pendant la saison intermédiaire «ne soient pas trop élevés».
