Économie

Des changements fiscaux pourraient avoir alimenté l’inflation en janvier

Statistique Canada doit publier mardi les données relatives à l’Indice des prix à la consommation (IPC).

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Un client contemple les produits d'une épicerie de Toronto, le 30 mai 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Chris Young Un client contemple les produits d'une épicerie de Toronto, le 30 mai 2024. (Chris Young/La Presse canadienne)

Des économistes prédisent que des changements fiscaux pour les restaurants et les épiceries, mis en œuvre l’an dernier, pourraient avoir alimenté l’inflation en janvier.

Statistique Canada doit publier mardi les données relatives à l’Indice des prix à la consommation (IPC), un jour plus tard que prévu en raison d’un jour férié dans huit provinces.

Selon un groupe d’économistes consultés par l’agence Reuters, l’inflation est vraisemblablement demeurée stable à 2,4 % en janvier.

Le rapport de cette semaine tiendra compte des prix, 12 mois après que le gouvernement fédéral eut temporairement éliminé sa part de la taxe de vente sur les repas au restaurant et autres produits essentiels, comme les aliments, les boissons et les vêtements pour enfants.

Certains économistes pensent que le taux d’inflation global va grimper.

Nathan Janzen, économiste en chef adjoint à la RBC, a déclaré vendredi dans une note que les perturbations liées à la fiscalité feraient grimper le taux d’inflation annuel à 2,6% en janvier.

Janvier 2025 étant le seul mois civil complet à bénéficier de la modification fiscale, janvier 2026 verra une hausse des prix des repas au restaurant et de certains produits d’épicerie, a expliqué M. Janzen.

«La hausse des prix des denrées alimentaires pourrait dépasser les 7%, sous l’effet de l’augmentation des coûts des restaurants par rapport aux niveaux exonérés d’impôt il y a un an», a-t-il déclaré dans la note.

Desjardins s’attend également à ce que les distorsions causées par l’exonération fiscale entraînent une légère hausse de l’inflation, qui atteindra 2,5 % en janvier.

Randall Bartlett, économiste en chef adjoint du Mouvement Desjardins, souligne que l’augmentation du coût des aliments à la suite du retour de la TPS se reflétera dans le rapport qui établit l’IPC en comparant les prix de janvier avec ceux d’il y a 12 mois.

Il ajoute que les aliments importés pourraient avoir subi des pressions nées des droits de douane qui ont fait grimper le prix de certains produits, comme le café et le bœuf.

M. Bartlett cite un rapport de la Banque du Canada publié au début du mois, qui attribuait en grande partie la hausse des prix des produits alimentaires à l’augmentation des coûts d’importation, en partie alimentée par la faiblesse du dollar canadien au début de l’année.

Il souligne que les perturbations commerciales aux États-Unis entraînent une hausse des coûts dans toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire du Canada, ce qui se ressent dans les rayons des supermarchés.

«En fin de compte, l’incertitude et les changements induits par les politiques finissent souvent par coûter plus cher aux consommateurs. Et nous le constatons dans les chiffres de l’inflation alimentaire», a déclaré M. Bartlett.

Les économistes de Capital Economics prévoient que la faiblesse des coûts du logement devrait également contribuer à limiter l’IPC de janvier.

La croissance des prix des logements neufs a été faible ces derniers mois et les baisses de taux d’intérêt de la Banque du Canada au cours de l’année écoulée devraient se traduire par une baisse des coûts des intérêts hypothécaires, note la firme.

La Banque du Canada examinera une nouvelle fois les données sur l’inflation pour février après leur publication cette semaine avant de prendre sa prochaine décision sur les taux d’intérêt le 18 mars.

La banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé lors de sa première décision de l’année, fin janvier.

Le gouverneur Tiff Macklem a déclaré à l’époque que le conseil d’administration de la banque centrale restait satisfait du niveau du taux directeur alors que les incertitudes commerciales continuent de perturber l’économie.

Même si le taux d’inflation global a augmenté, comme le prévoit Desjardins, M. Bartlett dit que cela ne devrait pas inquiéter la Banque du Canada. Les mesures à court terme récentes des indicateurs d’inflation de base préférés de la banque centrale ont montré des signes d’atténuation, a-t-il déclaré, et il s’attend à peu de changements dans ces pressions sous-jacentes sur les prix en janvier.

«Cette tendance pourrait se maintenir à l’avenir. Espérons donc que les chiffres de janvier nous apporteront encore de bonnes nouvelles à cet égard.»

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste