Deux femmes qui avaient contracté des prêts sur titre auprès d’une société financière et utilisé leur véhicule comme garantie se sont vu saisir leur voiture pour défaut de paiement et ont dû débourser des milliers de dollars pour la récupérer.
Il y a trois ans, alors qu’elle traversait une période financière difficile, Heidi Deveau, une petite entrepreneuse d’Oakville, a contracté un prêt sur titre de 1000 dollars auprès de BHM Financial en utilisant sa Jeep Wrangler, entièrement remboursée, comme garantie.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Je ne me souviens même plus pourquoi on avait besoin de cet argent à l’époque», a déclaré Mme Deveau lors d’une entrevue accordée à CTV News.
«C’est extrêmement frustrant. J’ai déjà payé 2500 dollars pour un prêt de 1000 dollars.»
— Heidi Deveau
Elle a expliqué que les mensualités s’élevaient à 83 dollars par mois pendant 24 mois. Et même s’il y a eu quelques retards de paiement, elle a affirmé avoir toujours remis le prêt en règle.
L’automne dernier, Mme Deveau pensait avoir tout remboursé, jusqu’à ce qu’on lui annonce qu’elle avait du retard dans ses paiements et qu’elle devrait débourser 4000 dollars pour récupérer son véhicule.
«J’ai besoin de ma voiture pour aller travailler», a affirmé Mme Deveau, qui a également confié à CTV News qu’elle risquait d’être expulsée de chez elle «à cause de tout ce cauchemar».
Morgan Hempen, de Digby, en Nouvelle-Écosse, a aussi contracté un prêt sur titre de 1000 dollars auprès de la même société, en utilisant sa voiture comme garantie.
«C’était très perturbant, je n’arrivais à joindre personne et ils ne répondaient pas à mes appels», a expliqué Mme Hempen à CTV News.
Elle a expliqué que son véhicule avait été saisi à cause de retards de paiement survenus lorsqu’elle avait changé de compte bancaire. Mme Hempen a précisé qu’elle avait dû verser 5800 dollars à la société pour récupérer sa voiture.
«Je veux vraiment récupérer mon argent. Je suis mère célibataire et je n’ai vraiment pas les moyens de payer ça», a-t-elle souligné.
La reprise de possession, une «mesure de dernier recours», dit le prêteur
Dans un communiqué, un porte-parole s’exprimant au nom de BHM Financial a déclaré que «la reprise de possession n’est envisagée qu’en dernier recours, une fois que tous les efforts raisonnables pour entrer en contact avec le client ont été épuisés et que le compte reste en défaut de paiement prolongé sans qu’une solution satisfaisante ait été trouvée».
«Lorsque les clients ne répondent pas ou évitent activement toute communication malgré des tentatives répétées de prise de contact, nous sommes tenus de mettre en œuvre des mesures de recouvrement appropriées, conformément à nos droits contractuels et à la législation en vigueur», a-t-on précisé.
«Il est également important de noter que, dans les situations où un compte se trouve en situation de défaut de paiement grave, des frais supplémentaires peuvent être liés aux efforts de recouvrement et de récupération.»
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BHM Financial a précisé que ces frais supplémentaires peuvent inclure les frais pour insuffisance de provision (NSF), les frais bancaires, les honoraires d’huissier, ainsi que les frais de remorquage, de stockage et de transport.
«On reste ouverts à la discussion d’accords de paiement pour éviter que la situation ne dégénère en mesures de recouvrement, y compris la saisie, surtout quand un client traverse des difficultés financières temporaires», a déclaré l’entreprise.
«Notre objectif est toujours d’éviter ce genre de situation en maintenant la communication et en trouvant des accords mutuellement acceptables.»
Linda Paul, administratrice judiciaire agréée chez MNP Ltd., a expliqué que les emprunteurs peuvent essayer de trouver un terrain d’entente avec les prêteurs, mais qu’il est possible que ces derniers ne soient pas disposés à coopérer.
«En gros, tu cèdes tes droits sur le véhicule au prêteur et tu lui dis : “Si je ne respecte pas les termes de ce contrat, tu as le droit de le saisir”», a déclaré Mme Paul.
De son côté, Mme Deveau a dit qu’elle se battait toujours pour récupérer sa Jeep. «Je veux qu’on me rende mon véhicule et je veux une indemnisation.»

