La décision du Canada de choisir l’entreprise allemande Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) pour construire jusqu’à 12 nouveaux sous-marins envoie un message clair au reste du monde quant à l’approche du Canada en matière de défense, selon l’analyste et chercheur naval Ken Hansen.
«Cela montre que nous sommes sérieux et que nous sommes en marche», a expliqué M. Hansen, commandant à la retraite de la Marine royale canadienne.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Halifax jouera un rôle essentiel dans la stratégie sous-marine du Canada à l’avenir, a ajouté M. Hansen. Le premier ministre Mark Carney a annoncé lundi que ce partenariat créera bien plus de 100 000 emplois bien rémunérés partout au pays, et M. Hansen a précisé que plus de la moitié d’entre eux se trouveront à Halifax.
«C’est une nouvelle économique fantastique pour la Ville», a-t-il dit. «Cela me rappelle Edmonton au début du boom pétrolier en Alberta.»
Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, s’est joint à Mark Carney pour cette annonce majeure au chantier naval HMC de Halifax.
«Notre province jouera un rôle central, aux côtés de la Colombie-Britannique, pour assurer le soutien de ces sous-marins tout au long de leur cycle de vie. Six sous-marins seront entretenus et réparés à Halifax», a-t-il dit dans un communiqué. «Cela générera des milliards de dollars d’investissements dans notre région, créera de nouvelles perspectives de carrière pour les Néo-Écossais à la recherche d’un emploi stable et stimulera fortement la demande pour les chaînes d’approvisionnement nationales.»
Ken Hansen s’attend à ce que le déploiement des sous-marins soit progressif et qu’il faille des années avant que les nouveaux sous-marins n’apparaissent dans le port d’Halifax.
«La première chose que les gens verront, ce sera le développement des infrastructures», a-t-il précisé, en faisant référence aux travaux visant à renforcer la présence de la Marine dans une ville dont la tradition navale remonte à près de trois siècles.
Cette annonce du premier ministre survient à un moment où Halifax connaît une croissance démographique récente et où l’industrie de la construction navale connaît un essor, produisant des navires pour la Marine et la Garde côtière.
«C’est une bonne chose pour Halifax, et cela contribue à nous remettre sur la carte», a expliqué le professeur d’université Ed McHugh, qui a également travaillé au Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse pendant 25 ans.
M. McHugh a indiqué que la construction d’une nouvelle flotte de sous-marins nécessiterait un afflux de main-d’œuvre, et qu’il ne serait pas surpris si les jeunes de la Nouvelle-Écosse s’orientaient vers des programmes de formation aux métiers spécialisés à l’avenir, sachant que des possibilités d’emploi seront disponibles.
«Si je devais me projeter dans l’avenir et prévoir où je pourrais trouver un emploi tout en restant dans le Canada atlantique, j’examinerais de près les programmes de formation professionnelle», a soutenu celui qui enseigne à temps partiel dans trois universités : Saint Mary’s, Dalhousie et Mount Saint Vincent.
Des questions se posent quant à l’emplacement de la nouvelle installation de construction de sous-marins. Le littoral d’Halifax compte déjà de nombreux navires et bâtiments de la Marine, ce qui signifie que d’autres emplacements de part et d’autre du port d’Halifax devront être envisagés.
