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Des drones iraniens visent une centrale électrique et un complexe gazier au Qatar

La compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé avoir interrompu la production de gaz naturel liquéfié.

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Les tensions s’intensifient au Moyen-Orient, du Liban au Golfe Frappes d’Israël au Liban en riposte de tirs du Hezbollah, salves de missiles iraniens tous azimuts, raffinerie et pétrolier touchés dans le Golfe: le Moyen-Orient s’embrase deux jours après le lancement d’une attaque israélo-américaine sans précédent contre l’Iran.

La compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé lundi avoir suspendu, à la suite d’attaques iraniennes, la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à la suite d’attaques iraniennes contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz.

Les prix du gaz naturel en Europe ont bondi de plus de 50% et le pétrole a grimpé de près de 9% en raison des craintes de perturbations de l’approvisionnement.

Le Qatar est l’un des principaux producteurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, aux côtés des États-Unis, de l’Australie et de la Russie.

Il partage avec l’Iran le plus grand réservoir de gaz naturel du monde. QatarEnergy estime que la partie appartenant à l’État du Golfe, le North Field, renferme environ 10% des réserves connues de gaz naturel de la planète.

«En raison des attaques militaires perpétrées contre les installations de QatarEnergy situées dans les zones industrielles de Ras Laffan et de Mesaieed, au Qatar, QatarEnergy a cessé la production de gaz naturel liquéfié (GNL) et de produits dérivés», a indiqué le géant des hydrocarbures dans un communiqué.

Deux drones iraniens ont visé une centrale électrique et un complexe terrestre de traitement du gaz, selon le ministère de la Défense.

L’armée de l’air du Qatar a par ailleurs abattu deux bombardiers en provenance d’Iran, selon le ministère de la Défense. C’est la première fois qu’un pays du Golfe abat un aéronef iranien avec un pilote à bord depuis le début des bombardements entamés samedi.

«L’armée de l’air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d’Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays aujourd’hui», a précisé le ministère dans un communiqué. Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers.

Téhéran mène pour la troisième journée consécutive des frappes contre des pays du Golfe abritant des bases américaines, en riposte à l’attaque lancée samedi par Israël et les États-Unis.

«Sans précédent»

D’après le ministère qatari de la Défense, un drone iranien a visé une installation énergétique à Ras Laffan, à 80 km au nord de la capitale sur la côte nord, principal site de production de gaz naturel liquéfié du pays.

Un autre drone a pris pour cible un réservoir d’eau d’une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz naturel, à 40 km au sud de Doha.

Ces attaques n’ont pas fait de victimes, selon les autorités.

Pour Jamie Ingram, de la publication spécialisée Middle East Economic Survey, l’arrêt de production du GNL est un «un développement sans précédent», qui pourrait provoquer une nouvelle «hausse significative des prix».

La décision de suspendre la production a été prise, selon lui, «par excès de prudence plutôt qu’en conséquence de l’ampleur de l’attaque de drones».

«Il est également possible qu’elle vise à rallier le soutien de la communauté internationale», a estimé l’analyste.

Monde sous tension | Israël et l'Iran L’année 2025 a été marquée par une escalade des tensions au Moyen-Orient. La guerre froide qui sévit entre Israël et l’Iran depuis des décennies a connu une surenchère sans précédent quand Israël a attaqué l’Iran le 13 juin et a bombardé ses centrales nucléaires.

Détroit d’Ormuz

Ces dernières années, le Qatar a conclu une série de contrats de fourniture de GNL à long terme avec le français Total, le britannique Shell, l’indien Petronet, le chinois Sinopec et l’Italien Eni, entre autres.

Les autorités ont suspendu la production par «précaution», compte tenu des risques pour les «installations gazières extrêmement inflammables», relève Justin Alexander, directeur du cabinet de conseil Khalij Economics.

Selon lui, la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, artère stratégique au large de l’Iran par laquelle transite environ 20% du pétrole consommé dans le monde, aggrave la situation.

Une fois le détroit rouvert, il pourrait y avoir un délai avant un retour à la normale des approvisionnements en gaz du fait de la suspension de la production par QatarEnergy.

Samedi, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient indiqué que cette voie était «de facto» fermée à la navigation, car dangereuse en raison des attaques américaines et israéliennes.