Trois alliés proches des États-Unis ont déclaré dimanche être prêts à unir leurs forces pour défendre leurs intérêts au Moyen-Orient et mettre fin aux frappes de missiles et de drones menées par l’Iran en représailles à l’assassinat du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Parallèlement, d’autres pays ont exprimé leurs inquiétudes quant à une possible escalade du conflit, déclenché par des attaques coordonnées américano-israéliennes, et son possible développement en guerre.
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont affirmé être disposés à collaborer avec les États-Unis.
«Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région, notamment en permettant des actions défensives nécessaires et proportionnées afin de neutraliser la capacité de l’Iran à lancer des missiles et des drones directement à leur source, ont-ils déclaré. Nous avons convenu de travailler de concert avec les États-Unis et leurs alliés dans la région sur cette question.»
De puissantes explosions ont secoué la capitale iranienne pour la deuxième journée consécutive, l’armée israélienne affirmant viser le cœur de Téhéran. L’Iran a poursuivi ses attaques, ciblant Israël et des bases militaires américaines dans les pays du Golfe.
Après la mort de Khamenei, qui n’avait pas de successeur désigné, les autorités iraniennes se sont empressées de préparer l’avenir, tandis que certains Iraniens, longtemps victimes de répression politique, laissaient éclater leur joie.
Partout dans le monde, des manifestations d’indignation ou de liesse ont éclaté.
Le pape Léon XIV, premier pape américain de l’histoire de l’Église catholique, s’est dit «profondément préoccupé» par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et a exhorté les deux camps à «mettre fin à l’escalade de la violence avant qu’elle ne devienne un abîme irréparable».
Les alliés collaboreront avec les États-Unis pour défendre leurs intérêts.
Dans une déclaration commune, le premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont dits «consternés» par les frappes «irresponsables» menées par l’Iran contre leurs alliés, qui menacent leurs militaires et leurs citoyens dans la région.
Une frappe de drone a endommagé un hangar de la base navale française du port d’Abou Dhabi, a annoncé le ministre français des Armées. Le ministre britannique de la Défense, John Healey, a déclaré que des frappes de missiles et de drones iraniens étaient passées à quelques centaines de mètres d’un groupe de 300 militaires britanniques stationnés à Bahreïn.
M. Healey a également affirmé que deux missiles avaient été tirés en direction de Chypre, où le Royaume-Uni possède des bases. Un porte-parole du gouvernement chypriote a toutefois démenti ces informations sur les réseaux sociaux.
M. Starmer a déclaré que le Royaume-Uni ne participerait pas à des frappes contre l’Iran, mais qu’il avait récemment accepté que Washington utilise des bases britanniques pour des attaques contre les missiles iraniens et leurs sites de lancement.
Les chefs de la diplomatie des 27 pays de l’Union européenne ont tenu une réunion d’urgence dimanche pour discuter de la situation et des prochaines étapes pour l’UE.
«La mort d’Ali Khamenei est un tournant dans l’histoire de l’Iran. L’avenir est incertain, a indiqué Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne. Mais la voie est désormais ouverte vers un Iran différent, un Iran où son peuple aura peut-être une plus grande liberté pour façonner le monde.»
