Sport

Une fin de carrière comme le souhaitait le défenseur David Savard

«Mon souhait était de finir à Montréal, et de finir avec les séries, ça a rendu ça encore plus spécial.»

Publié le 

c121deee7a27cc2b5c9520887f8c0766a60aaccc200407db29e22b980d6aefd3.jpg Le défenseur du Canadien de Montréal David Savard discute avec les journalistes à l'occasion du bilan de fin de saison de l'équipe, le vendredi 2 mai 2025 à Brossard. (Christinne Muschi | La Presse canadienne)

David Savard a mis un terme à sa carrière dans la Ligue nationale de hockey comme il le souhaitait: en disputant des matchs éliminatoires avec l’équipe de son enfance.

Après une carrière de 870 parties de saison et de 62 autres de séries avec les Blue Jackets de Columbus, le Lightning de Tampa Bay et le Canadien de Montréal, le défenseur de 34 ans participait à un dernier bilan, vendredi à Brossard, après l'élimination en cinq parties du Tricolore face aux Capitals de Washington.

S’il aurait plutôt aimé disputer un dernier match au Centre Bell, plus tard en soirée, il ne garde que de bons souvenirs de son passage professionnel dans la Belle Province.

«Mon souhait était de finir à Montréal, et de finir avec les séries, ça a rendu ça encore plus spécial, a lancé Savard. Comme petit gars du Québec qui a regardé les séries en étant jeune, de pouvoir le vivre, c’est quelque chose d’autre. Juste à en parler, j’ai la chair de poule.»

Après le but de Brandon Duhaime qui scellait la victoire de 4-1 des Capitals avec 26 secondes à écouler au match, mercredi, l’entraîneur-chef Martin St-Louis a envoyé Savard sur la glace pour sa toute dernière présence dans la LNH.

Même s’il savait depuis un moment déjà qu’il ne reviendrait pas pour une 15e saison, Savard n’a pas caché qu’il s’est laissé emporter par les émotions. D'ailleurs, il n'a pas parlé avec les journalistes après le match.

«Ç’a été un peu plus émotif que je pensais, a-t-il reconnu. J’ai essayé de me préparer, mais c’est une grosse étape qui se termine personnellement. (…) Je pensais être capable de garder mes émotions un peu plus. Mais quand tu vois tous les gars qui s'en viennent, c'était plus difficile que je pensais.

«J’ai tripé à être avec ces gars-là, on les a vus grandir, on a fait quelque chose de  'fun' cette année. On s’est poussés et on a réussi à rentrer en séries. Il n’y a pas beaucoup de monde qui nous donnait la chance de le faire. C’était vraiment le 'fun' de vivre ça avec les gars.»

Jouer dans la LNH est un métier qui demande beaucoup de sacrifices, avec les longs voyages à l’étranger notamment.

En ce sens, Savard est catégorique: c’est le fait d'être auprès de sa famille et de ses enfants pour les moments importants qui lui manquait le plus. Il pourra maintenant leur donner toute son attention.

«J’ai raté beaucoup de choses dans les dernières années, a-t-il expliqué. Beaucoup d'activités les samedis matin et après-midi qu'on n'a pas pu être là. C'est plus ça pour l'instant, c'est juste de revenir à une vie normale, être autour de ma famille le plus possible, puis après, on va voir ce qu’on décide de faire.»

Au sujet de son avenir, Savard aimerait demeurer un membre de l’organisation. Il en a d’ailleurs glissé un mot au directeur général, Kent Hughes. Pour l’instant toutefois, la défaite est encore trop fraîche pour s’y attarder.

«S’il y a une opportunité et qu’ils sont intéressés, c’est assurément quelque chose que j’aimerais faire», a déclaré le jeune retraité.

Des éloges de partout

Ayant amorcé sa carrière professionnelle avec des atouts résolument offensifs, Savard a dû s’adapter pour prolonger sa carrière. Il a accepté avec brio un rôle plus défensif et plus effacé, mais son dernier match en carrière n’est certainement pas passé inaperçu.

Il a notamment reçu des éloges du capitaine des Capitals, Alex Ovechkin, et de l’entraîneur-chef du club de Washington, Spencer Carbery, mercredi soir. 

«C’est flatteur après autant d’années, a commenté Savard. J’ai eu beaucoup de messages de gars un peu partout dans la ligue. C’est le fun de voir que tu avais le respect des autres joueurs. C’est un peu ce qui fait du monde du hockey un monde spécial: on se tapoche dessus, on fait ce qu’on a à faire pendant le match et après, on a du respect les uns pour les autres.»

Naturellement, les joueurs du Tricolore ne se sont pas fait tirer l’oreille pour lui rendre hommage, à commencer par Samuel Montembeault. Le gardien doit d’ailleurs à Savard le surnom affectueux de «Snacks».

«C’est une grande présence dans la chambre, a dit Montembeault. C’est un joueur qui est adoré de tout le monde. Sur la route, je me fiais juste à lui pour les restaurants et les choses comme ça. Il prenait soin de moi. Évidemment, il va nous manquer dans le vestiaire.

«Quand je suis arrivé ici à Montréal, c’était ma première année complète dans la LNH. Lui, ça faisait déjà 10 ans. Il connaissait tous les rouages, toutes les places où aller dans toutes les villes. Donc moi, je le suivais tout le temps.»

Savard a joué un rôle de mentor auprès de plusieurs jeunes joueurs au sein d’une organisation en reconstruction. Et malgré la participation aux séries éliminatoires, d’autres jeunes viendront se greffer au groupe au cours des prochaines années. Ils devront le faire sans Savard, du moins comme coéquipier.

«Ce sont de grosses chaussures à remplir, a dit Alexandre Carrier lorsque questionné à savoir s’il pouvait succéder à Savard dans ce rôle. J’ai joué 50 matchs avec Savard environ et j’ai tellement appris. Évidemment, je veux amener ce qu’il amène – le leadership, le respect. Si je peux aller chercher ça, c’est sûr que je veux remplir ses souliers.

«C’est un guerrier, un gars qui bloque des tirs, un joueur d’équipe.»

Savard avait un dernier message pour les partisans, avant de quitter le vestiaire de l’équipe à Brossard pour une dernière fois.

«Je sais que nous avons eu des années difficiles, et je pense qu'ils sont restés derrière nous, a dit Savard. C'est un groupe de partisans passionné. Le futur est vraiment brillant ici. C'était amusant de faire une partie de ça, et je crois qu'on est en train de construire quelque chose de très solide.»