Économie

L’APM espère une première pelletée de terre cet automne à Contrecœur

«Nous sommes sur la cédule et nous devrions commencer des travaux potentiellement en octobre 2025.»

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2a3509cc8a9339e18be41e29e91c53cf7cb3cea571a0eca479032bc59562c230.jpg Des navires sont amarrés au port de Montréal, le mardi 19 septembre 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi (Christinne Muschi | La Presse canadienne)

L’Administration portuaire de Montréal (APM) espère que la première pelletée de terre sur le chantier du projet d’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur pourra avoir lieu cette année.

«Nous sommes sur la cédule et nous devrions commencer des travaux potentiellement en octobre 2025», a précisé sa présidente-directrice générale, Julie Gascon, en entrevue, mercredi, en marge de l’assemblée annuelle de l’APM. 

Avec des échéanciers maintes fois reportés, le projet progresse, assure la dirigeante qui a pris le relais à la tête de l’APM en février l’an dernier. «Tout avance très, très bien.»

Elle a mentionné que 80 % des travaux de compensation ont été exécutés. Elle a aussi indiqué que le design de la portion en eau est avancé à 90 %. L’APM mène des discussions pour finaliser le contrat avec Pomerleau et Aecon.

«Pour la portion terrestre, nous sommes en discussion sérieuse avec un partenaire privé et nous commençons les travaux de conception et d'ingénierie», a-t-elle ajouté. 

Mme Gascon n’a pas voulu s’avancer sur une mise à jour des estimations des coûts du projet. Elle s’en est tenue au chiffre de 1,4 milliard $, qui a été évoqué pour la première fois en 2023. 

«On n'est pas en mesure de fournir les chiffres parce qu'on est en négociation, a-t-elle dit. Si je vous donnais un prix maintenant, ça n'aurait pas de sens, je négocie présentement avec les partenaires.»

L’APM n’a pas le choix de moderniser ses activités au Port de Montréal et d’agrandir ses activités à Contrecœur, sinon le port risque de ne plus être attractif en 2040, a prévenu Mme Gascon au cours de l’assemblée annuelle. 

«Aujourd’hui la majorité des porte-conteneurs qui sortent des chantiers navals dépasse les dimensions autorisées pour atteindre Montréal, a-t-elle souligné. Si nous ne nous y attaquons pas, d’ici 2040, seule la moitié de la flotte mondiale pourra desservir notre port et une grande partie sera en fin de vie.

«Tu ne veux pas, en tant que pays, en tant que ville, en tant que corridor, recevoir des navires vieillissants qui n'ont pas toutes les normes environnementales des nouveaux navires qui sont construits présentement», a-t-elle insisté en entrevue. 

Pas d’effet Trump, pour l’instant…

Pour le moment, les tensions géopolitiques entre le Canada et les États-Unis n’ont pas eu d’effet «significatif» sur les activités du port de Montréal, a dit Mme Gascon. Elle qualifie le premier trimestre de l’année de «solide».

Elle a évoqué la possibilité que les entreprises aient devancé des approvisionnements pour se préparer à la guerre commerciale. «Ce qu'on pense: c'est que les gens se préparent. Ils anticipent potentiellement d'autres tarifs ou des tarifs qui reviendront», a-t-elle répondu. 

L’activité au Port de Montréal est fortement corrélée à l’économie québécoise. Mme Gascon a reconnu que l’APM se prépare à une récession. «On ajuste notre façon de faire. On ajuste nos budgets, nos dépenses. On se prépare à ça, parce qu'évidemment, partout, on annonce potentiellement une récession ou un ralentissement de la consommation.»

L’APM doit toutefois garder le cap sur l’expansion de ses activités à plus long terme, particulièrement dans un contexte de guerre commerciale, a-t-elle enchaîné. Si seulement 6 % des échanges commerciaux des entreprises devaient se déplacer vers un autre marché que les États-Unis, soit voyager par bateau plutôt que sur terre, «nous serions pleins très rapidement».

Les résultats financiers du Port de Montréal sont demeurés relativement stables en 2024, malgré le conflit de travail qui a perturbé ses activités. 

Avec 35,41 millions de tonnes de marchandises manutentionnées au Port de Montréal l’an dernier, le tonnage global affiche une légère hausse de 0,2 % par rapport à l’année précédente, selon les résultats publiés mercredi, en même temps que l’assemblée annuelle.

Les revenus d’exploitation ont été de 143 millions $, soit une augmentation de 3,8 %, par rapport à 138 millions $ l’an dernier. Le bénéfice net atteint 22,6 millions $, comparativement à 11,2 millions $. 

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste