Le président du Conseil de la fédération et premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, accentue la pression sur le Québec pour qu'il accepte éventuellement de faire passer un oléoduc sur son territoire.
En conférence de presse à la veille d'une importante réunion des premiers ministres à Saskatoon, M. Ford avait un message très clair pour François Legault: «J'espère qu'il va permettre le passage d'un oléoduc.»
«À ce que je sache, nos bons amis, les Québécois, ils conduisent des voitures, ils ont besoin d'essence», a poursuivi le premier ministre ontarien.
Selon lui, le Canada ne peut plus compter sur les États-Unis comme principal client énergétique.
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M. Ford était en compagnie du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe. Tous deux ont applaudi la volonté du premier ministre du Canada, Mark Carney, de faire du pays une «superpuissance énergétique».
Lundi, M. Carney doit notamment présenter aux premiers ministres un projet de loi ayant pour but de simplifier des processus d'approbation en vue d'accélérer la mise en œuvre de projets «d'intérêt national».
Rappelons qu'après avoir qualifié en 2018 le pétrole albertain d'«énergie sale», M. Legault s'est récemment déclaré ouvert à discuter d'un projet d'oléoduc qui traverserait le Québec.
En entrevue avec Stéphan Bureau à la mi-mai, il a même évoqué un projet qui passerait au nord de la province et qui déboucherait au port de Sept-Îles.
M. Legault maintenait, jusqu'à tout dernièrement, qu'il n'y avait pas d'acceptabilité sociale au Québec pour des projets d'oléoducs.
Toutefois, un sondage SOM effectué en février révélait que la guerre tarifaire avec les États-Unis avait changé l'opinion des Québécois sur les projets énergétiques comme Énergie Est.
Après les avoir vigoureusement rejetés, une forte proportion d'entre eux estime aujourd'hui qu'il faudrait les ressusciter.
Le Québec soumettra plusieurs projets d'intérêt national
Par ailleurs, M. Legault arrive en Saskatchewan avec dans sa besace plusieurs idées de projets d'intérêt national. Presque aucun détail n'a filtré quant au nombre exact, à la nature, ou au coût de ces projets.
Tout au plus le premier ministre québécois a-t-il annoncé, jeudi dernier, qu'il réclamera à Ottawa au moins 2-3 milliards $ pour construire une ligne de transport d'électricité entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.
«C'est entre deux provinces, alors ça 'fit' dans les critères, a-t-il déclaré en mêlée de presse, vendredi. M. Carney a dit qu'il voulait investir dans des grands projets économiques. Moi, j'en ai beaucoup de grands projets.»
«À Saskatoon, je vais essayer de vendre quelques-uns de ces projets-là, essayer de convaincre Mark Carney, le gouvernement fédéral, d'amener le plus d'argent possible au Québec», avait-t-il renchéri.
M. Legault brandira en outre son projet de loi 112, qui a été déposé vendredi matin à l'Assemblée nationale et qui fait tomber plusieurs barrières au commerce interprovincial.
Ce projet de loi prévoit que tout produit en provenance des autres provinces peut être commercialisé, utilisé ou consommé au Québec, sauf exception.
L'alcool fait l'objet d'un projet pilote, tandis qu'en matière de mobilité de la main-d'œuvre et de reconnaissance des compétences, le secteur de la construction resterait un marché protégé.
Encore là, Doug Ford avait un message pour M. Legault: «Ouvrez le marché!» a-t-il lancé, dimanche.
«J'entends beaucoup de gens à Ottawa qui se plaignent que des travailleurs de la construction québécois vont travailler à Ottawa, alors qu'eux ne peuvent pas aller au Québec», a-t-il illustré.
«Nous sommes un pays, travaillons ensemble et tout le monde va prospérer», a ajouté M. Ford, en déclarant qu'il allait tenter de «convaincre» M. Legault de modifier son projet de loi.

