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Ottawa ordonne à une entreprise chinoise de cesser ses activités au Canada

Le gouvernement procède également à un examen de ses propriétés afin de s'assurer que les anciens produits Hikvision ne soient plus utilisés.

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Sur cette photo d'archive du mardi 23 octobre 2018, des visiteurs passent devant un stand du fabricant d'équipements de surveillance Hikvision, propriété de l'État, lors de l'exposition Security China 2018 à Pékin, en Chine. Sur cette photo d'archive du mardi 23 octobre 2018, des visiteurs passent devant un stand du fabricant d'équipements de surveillance Hikvision, propriété de l'État, lors de l'exposition Security China 2018 à Pékin, en Chine. (Ng Han Guan/Associated Press (archives))

Le gouvernement fédéral ordonne à un fabricant chinois de systèmes de caméras de surveillance de fermer ses portes au Canada et de quitter le pays pour des raisons de sécurité nationale.

La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, a indiqué dans un message publié sur X que les ordonnances données à Hikvision Canada découlent d'un examen de sécurité nationale en vertu de la Loi sur Investissement Canada.

Dans le cadre de cet examen, la ministre Joly a indiqué que le gouvernement avait étudié les renseignements et les preuves fournis par les services canadiens de sécurité et de renseignement.

Elle a ajouté que le gouvernement avait finalement déterminé que permettre à l'entreprise de poursuivre ses activités au Canada porterait atteinte à la sécurité nationale du pays.

Hikvision, officiellement reconnu sous le nom de Hangzhou Hikvision Digital Technology, se présente comme le plus grand fabricant mondial d'équipements de surveillance. L'entreprise possède une filiale canadienne depuis 2014.

L'entreprise et ses filiales ont déjà fait l'objet d'une série de sanctions aux États-Unis, en Australie et au Royaume-Uni. Certaines découlent d'allégations selon lesquelles l'entreprise aurait fourni à la Chine des caméras de surveillance utilisées dans la région du Xinjiang, où la population ouïghoure est victime de violations des droits de la personne.

En conséquence, Best Buy, Home Depot et Lowes auraient tous cessé de vendre des produits Hikvision.

Les préoccupations précises qui ont motivé l'examen de Hikvision par le Canada n'ont été dévoilées. La Loi sur Investissement Canada autorise le gouvernement à enquêter sur tout investissement étranger susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale et à ordonner le départ de toute entreprise présentant un risque pour le pays.

 

Hikvision a répliqué, se disant «fermement» en désaccord avec la décision de la ministre Joly, qui lui a ordonné de quitter le Canada. L'entreprise juge que cette décision «est profondément inquiétante».

«Au lieu d'évaluer notre technologie sur ses mérites en matière de cybersécurité, la décision semble être motivée par le pays d'origine de la société mère, reflétant des tensions géopolitiques plus larges et un parti pris injustifié contre les entreprises chinoises.»

L'entreprise de technologie a affirmé avoir pleinement coopéré avec toutes les parties gouvernementales, leur fournissant des réponses rapides et complètes ainsi qu'une documentation détaillée.

«Malgré ces efforts, le gouvernement a imposé sa décision sans présenter de preuves ni tenir compte des faits que nous avons fournis», a ajouté Hikvision dans son communiqué.

«Nous exhortons le gouvernement canadien à fonder ses actions sur des faits plutôt que sur des préjugés, et à maintenir un environnement équitable et transparent pour toutes les entreprises et tous les investisseurs.»

En plus d'ordonner la fermeture de la filiale canadienne de Hikvision, Mme Joly a indiqué qu'elle prenait des mesures pour s'assurer que le gouvernement fédéral, ses ministères, organismes et sociétés d'État n'utilisent ni n'achètent d'équipement de l'entreprise.

Elle a ajouté que le gouvernement procède également à un examen de ses propriétés afin de s'assurer que les anciens produits Hikvision ne soient plus utilisés.

Mme Joly n'a toutefois pas déconseillé aux Canadiens d'utiliser la technologie Hikvision, mais les «exhorte fortement à prendre note de cette décision et à prendre leurs propres décisions en conséquence».

Tara Deschamps

Tara Deschamps

Journaliste