L'Alliance syndicale de la construction a refusé l'offre ultime de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ). La grève illimitée dans la construction résidentielle qui était prévue pour 0h01 dans la nuit de mardi à mercredi a donc été confirmée.
L'Alliance syndicale de la construction et l'APCHQ négociaient toujours, en fin d'après-midi mardi, à quelques heures du déclenchement prévu de la grève.
Or, le porte-parole de l'Alliance Alexandre Ricard affirme que la contre-offre de l'APCHQ «ne rencontre pas les paramètres monétaires fixés par les membres et imposerait des reculs importants qui n'avaient pas été mentionnés précédemment en négociation».
L'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) et l'Alliance syndicale avaient amorcé leur rencontre à 13h mardi et, à 16h, elles étaient toujours en discussion.
Lundi soir, l'APCHQ avait annoncé avoir présenté «une nouvelle offre exploratoire majorée» à l'Alliance syndicale et attendre la réponse.
Mais mardi matin, l'Alliance a indiqué qu'il ne s'agissait que d'une offre exploratoire de l'APCHQ, donc non écrite. À ses yeux, la situation n'a donc pas changé et le mot d'ordre de grève demeure, à moins qu'un terrain d'entente soit trouvé durant la rencontre de mardi après-midi.
L'Alliance syndicale regroupe tous les syndicats de la construction, soit, par ordre d'importance décroissante: la FTQ-Construction, le Syndicat québécois de la construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), la CSD-Construction et la CSN-Construction. Par l'intermédiaire des cinq, elle représente 200 000 travailleurs, dont une partie travaille dans le secteur résidentiel.
Les trois autres secteurs de l'industrie de la construction ont renouvelé les conventions collectives 2025-2029, à savoir le génie civil et la voirie, l'industriel et l'institutionnel/commercial. Dans tous les cas, c'est la même Alliance syndicale qui a réglé, mais avec une association patronale différente selon le secteur d'activité.
Ces ententes prévoient des augmentations de salaire de l'ordre de 8 % en 2025, de 5 % en 2026, de 5 % en 2027 et de 4 % en 2028.
Il importe de souligner que, contrairement à ce qui prévaut dans les autres secteurs d'activité économique, les augmentations de salaire qui sont négociées dans l'industrie de la construction ne sont pas rétroactives à la date d'échéance de la précédente convention collective. Les travailleurs perdent donc de l'argent qu'ils ne récupéreront pas, lorsque la convention collective n'est pas renouvelée à l'échéance. Leur convention est échue depuis le 30 avril.
L'APCHQ, de son côté, fait valoir qu'il y a actuellement pénurie de logements et que le Québec ne peut se permettre une grève dans le secteur résidentiel. Avec la hausse des coûts de construction, elle affirme qu'elle doit veiller à ce que les coûts restent abordables pour les consommateurs.
L'Alliance syndicale, quant à elle, rappelle qu'il n'y a pas que les salaires qui comptent dans les coûts de construction, mais aussi le coût des matériaux, des terrains, des taxes foncières.
L'Alliance souligne également que les salaires sont déjà inférieurs dans le secteur résidentiel par rapport aux autres secteurs de la construction. Elle évoque une rémunération inférieure de 6,5 % à 14 % dans le secteur résidentiel, selon le métier. Pour un charpentier-menuisier, par exemple, la rémunération est inférieure de 10 % dans le résidentiel par rapport au secteur institutionnel/commercial, selon l'Alliance. Et ces données ne tiennent pas compte des augmentations de salaire qui viennent d'être accordées dans les trois autres secteurs qui ont renouvelé leur convention collective respective.

