Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, affirme qu'un sentiment d'unité régnait lors d'un sommet avec ses homologues du Groupe des sept (G7).
Un groupe de ministres des Finances et de dirigeants de banques centrales s'est réuni cette semaine à Banff, en Alberta, en prévision du sommet des dirigeants du G7 qui doit avoir lieu le mois prochain à Kananaskis, non loin de là.
Les représentants du G7 ont publié un communiqué conjoint soulignant leur engagement en faveur de relations économiques solides en cette période d'incertitude commerciale mondiale, causée par l'imposition de droits de douane de la part des États-Unis sur des pays du monde entier.
«La meilleure preuve de cette unité est que nous avons une déclaration commune», a soutenu le ministre Champagne lors d'une conférence de presse.
Il a affirmé que le sommet visait à trouver un terrain d'entente et à revenir à l'essentiel.
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M. Champagne a rapporté que les ministres avaient trouvé des terrains d'entente sur plusieurs questions, notamment la lutte contre la criminalité financière et le soutien à l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Le groupe a également convenu de la nécessité de surveiller et d'évaluer les risques que l'intelligence artificielle pourrait représenter pour la stabilité financière.
Outre le Canada et les États-Unis, le G7 comprend la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni. L'Union européenne en fait partie comme «membre non répertorié».
Les États-Unis continuent de mener une guerre commerciale provoquant des ondes de choc sur les marchés mondiaux, mais les droits de douane n'ont pas été mentionnés dans le communiqué.
Les droits de douane étaient le véritable éléphant dans la pièce avant la réunion. M. Champagne a dit qu'ils avaient été abordés, mais il n'a fourni que peu de détails à ce sujet, soulignant l'existence d'un dialogue constructif sur des questions allant des pratiques non marchandes à la surproduction.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, était présent à cette réunion; sa première avec les ministres des Finances du G7. M. Champagne a affirmé que les deux hommes s'entendaient bien, mais n'a pas précisé si M. Bessent envisageait de toucher aux droits de douane.
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a coprésidé le sommet. Il a indiqué que les discussions portaient notamment sur l'amélioration du dialogue autour des droits de douane. M. Macklem a ensuite expliqué que de nombreuses entreprises avaient suspendu leurs investissements en raison de l'incertitude entourant les droits de douane et des signes de faiblesse de l'économie canadienne au cours des deux premiers trimestres de l'année.
«La suite des événements, je pense, dépendra vraiment de l'évolution des droits de douane, a-t-il soutenu. Si nous parvenons à obtenir cette clarté, nous pourrons renouer avec la croissance. Si la situation évolue dans l'autre sens, les choses seront certainement pires.»
Bien qu'aucun accord majeur n'ait été conclu entre les pays, la réunion a permis de renforcer les relations, a noté Douglas Rediker de la Brookings Institution, un groupe de réflexion américain non partisan.
M. Rediker a souligné l'importance de cette réunion, puisque M. Bessent est nouveau à la tête des finances des États-Unis. M. Champagne est devenu ministre des Finances à la mi-mars et a déjà supervisé d'autres portefeuilles économiques en tant que ministre.
John Kirton, directeur du Groupe de recherche sur le G7 de l'Université de Toronto, a expliqué percevoir l'absence de position sur les droits de douane comme une évolution positive dans la guerre commerciale en cours.
«Le fait qu'ils n'aient rien dit publiquement constitue une trêve de facto dans la guerre tarifaire», a-t-il souligné.
D'autres questions n'ont pas été directement mentionnées dans le communiqué, comme la transition énergétique évoquée dans la déclaration de l'année dernière.
La question ukrainienne
Le ministre Champagne a également qualifié l'invasion de l'Ukraine par la Russie d'«illégale», tandis que le communiqué condamnait la «guerre brutale» menée par la Russie et saluait «l'immense résilience» de l'Ukraine. M. Champagne a nié l'idée que la formulation ait été obscurcie.
Plus généralement, a-t-il ajouté, la déclaration est «précise, ciblée et pragmatique».
M. Kirton a qualifié la déclaration sur l'Ukraine de «percutante», soulignant le consensus qu'aucun pays ayant contribué à l'effort de guerre de la Russie ne bénéficiera de la reconstruction de l'Ukraine.
M. Champagne a reconnu que des spéculations circulaient sur la possibilité que les pays ne parviennent pas à signer un communiqué conjoint, avant de déclarer aux journalistes que la production d'un tel communiqué était un exploit.
«Mieux vaut rédiger un communiqué que ne pas le faire, a-t-il dit. Nous vivons à une époque où parfois c'est possible et parfois c'est plus difficile à réaliser.»
Le ministre Champagne a affirmé que la réunion et le communiqué jettent les bases du prochain sommet des dirigeants du G7, auquel participeront le premier ministre Mark Carney et le président américain Donald Trump.
Les dirigeants devraient arriver dans les Rocheuses le 15 juin pour cette réunion de trois jours.
— Avec des informations de Craig Lord à Ottawa
