Le dernier projet de l’Organisme UTILE a ouvert ses portes en juin pour des centaines d’étudiants. Le tout, pour un loyer plus abordable, en plein cœur de l’île de Montréal.
Situé au coin Saint-Laurent et Ontario, le bâtiment flambant neuf offre 168 appartements réservés aux étudiants, sans toutefois avoir le modèle de résidences.
«C’était une population largement oubliée dans les politiques publiques en habitation. Pourtant ça représente des centaines de milliers de locataires à faibles revenus au Québec», le cofondateur d’UTILE, Laurent Levesque.

Depuis ses débuts en 2013, l’organisme à but non lucratif gère maintenant une dizaine d’immeubles de Rimouski jusqu’à Montréal.
Pour y vivre, il faut présenter une preuve d’étude chaque année.
«Le logement étudiant fait vraiment partie du package de solutions à la crise du logement, parce que ça fait d’une pierre deux coups. Ça soutient l’accessibilité aux études et ça libère des logements pour les familles par exemple», ajoute le cofondateur.
Hausse de l’itinérance étudiante
Cette option de rechange au parc locatif ne vient malheureusement pas régler la crise du logement selon le président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), Loïc Goyette.

Malgré des loyers moindres, les coûts restent élevés pour une personne sans revenus estime-t-il. «Il faut mettre de l’argent dans la construction de logements abordables, mais il faut aussi plus de mesures pour contrôler la hausse des loyers», ajoute le président de l’UEQ.
On a de nombreux témoignage de personnes qui vivent de l’itinérance étudiante. Ils font du <i>couch surfing</i>, dorment chez leurs amis ou dans la voiture.
— Loïc Goyette, président de l'Union étudiante du Québec
Avec une hausse flagrante du prix des loyers et du nombre d’expulsions à Montréal, le logement est devenu un réel «frein financier» pour obtenir des études supérieures selon le jeune étudiant.
Un budget de 32M$
C’est l’équipe de LEMNY qui est derrière la construction de l’édifice.
«En étant proche d’un métro, on a pu se permettre de ne pas faire de stationnement et faire des économies avec des chambres au sous-sol», raconte le chargé du projet de construction, William Sylvain.
Si ce genre de projet n’est pas encore la norme au Québec, le cofondateur de LEMNY, Sean Tassé voit un changement dans le monde de l’immobilier.
«En construction, le logement abordable, c’est un sujet qui est extrêmement d’actualité. Même les promoteurs de longue date transigent tranquillement vers la construction abordable», affirme-t-il.
Ce changement de direction s’explique par la vacuité «des projets de luxe au centre-ville de Montréal», selon le jeune entrepreneur. «Il faut plus de logements social et abordable au Québec», soutient-il.
De son côté, l’organisme UTILE compte donner vie à trois autres projets dans le Grand Montréal. Il espère offrir plus de 1300 logements à travers la province d’ici 2027.
