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Des colons israéliens incendient un village palestinien de Cisjordanie

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Israel Palestinians Des Palestiniens déplacés cuisinent et se réchauffent autour d'un feu dans un campement de tentes à Gaza, dimanche 18 janvier 2026. (Jehad Alshrafi/Associated Press)

Des colons israéliens ont saccagé un village palestinien de Cisjordanie, incendiant plusieurs bâtiments, selon des images de caméras de sécurité obtenues dimanche par l’Associated Press (AP). Cette offensive nocturne est devenue monnaie courante dans le territoire occupé.

Sur la vidéo, horodatée vers 22 h samedi, plusieurs bâtiments du village prennent feu tandis que des coups de feu, des cris et des aboiements résonnent en arrière-plan. À un moment donné, les flammes prennent une telle ampleur qu’elles illuminent les groupes de colons, vêtus de noir, qui déambulent librement dans le village.

Toujours dimanche, au moins quatre autres pays ont annoncé avoir été invités à rejoindre le conseil de la paix pour Gaza du président américain Donald Trump, l’instance internationale chargée de superviser son plan de cessez-le-feu à Gaza et peut-être d’autres solutions au conflit.

Parallèlement, un ministre israélien a déclaré avoir ordonné la coupure de l’eau et de l’électricité dans les installations de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Il s’agit de la dernière action en date de la campagne menée par Israël pour fermer l’agence. L’UNRWA craint que cette fermeture n’entrave son travail à Jérusalem-Est.

Les images obtenues par l’AP montrent le moment où des dizaines de colons ont pris d’assaut le petit hameau bédouin de Khirbet al-Sidra, au nord de Jérusalem. Ils ont attaqué des Palestiniens et des militants internationaux et incendié des voitures et des maisons, selon le gouvernorat de Jérusalem de l’Autorité palestinienne, qui supervise les affaires palestiniennes dans la région.

Dans un communiqué, le gouvernorat a indiqué que huit maisons et au moins deux voitures avaient été incendiées lors de l’attaque.

L’armée israélienne a indiqué que des soldats dépêchés sur place avaient trouvé un véhicule israélien contenant des matraques. Elle a ajouté que des Palestiniens, des Israéliens et des ressortissants étrangers avaient été blessés et que des troupes ratissaient la zone pour procéder à des arrestations. Dimanche après-midi, aucune arrestation n’avait été signalée. Il s’agit de la dernière attaque en date dans ce territoire tendu, où la violence des colons a connu une forte recrudescence ces derniers mois.

Environ 500 000 Israéliens se sont installés en Cisjordanie depuis la conquête du territoire de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza, par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967. Leur présence est considérée par la majeure partie de la communauté internationale comme illégale et comme un obstacle majeur à la paix.

Les Palestiniens revendiquent ces trois territoires pour la création d’un futur État. Israël s’efforce de minimiser la violence, la présentant comme l’œuvre d’une petite minorité radicale. Cependant, le gouvernement israélien d’extrême droite, dominé par les colons et leurs partisans, n’a guère fait d’efforts pour enrayer ces attaques.

Invitations au Conseil de la paix

La Jordanie, la Grèce, Chypre et le Pakistan ont annoncé dimanche avoir reçu une invitation au Conseil de la paix pour Gaza de Donald Trump. L’Albanie, l’Égypte, le Paraguay, l’Argentine et la Turquie avaient déjà confirmé avoir été invités.

Ce conseil, composé de dirigeants mondiaux, était initialement perçu comme un mécanisme visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien à Gaza. Le Conseil de la paix pour Gaza prend forme et ambitionne de se doter d’un mandat bien plus large pour s’attaquer à d’autres crises mondiales, rivalisant potentiellement avec les Nations Unies.

Les États-Unis n’ont pas encore annoncé la liste officielle de ses membres. Dans des lettres envoyées vendredi à divers dirigeants mondiaux les invitant à devenir «membres fondateurs», Donald Trump affirme que l’organisme «adopterait une nouvelle approche audacieuse pour résoudre les conflits mondiaux».

Un responsable américain a énoncé qu’aucune contribution financière n’est requise pour adhérer au Conseil de la paix. Cependant, il a confirmé qu’une contribution d’un milliard de dollars garantit un siège permanent, et non un mandat de trois ans. Ce responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat au sujet de la charte, qui n’a pas été rendue publique, a indiqué que les fonds collectés seraient consacrés à la reconstruction de Gaza.

Le ministre israélien de l’Énergie, Eli Cohen, a déclaré dimanche avoir délivré des avis officiels de coupure d’eau et d’électricité pour les installations de l’UNRWA.

L’agence onusienne a indiqué sur X que la coupure pourrait entrer en vigueur dans les deux semaines. Cette décision survient après l’adoption, en décembre, par le Parlement israélien, d’une loi visant à couper l’approvisionnement en électricité et en eau des installations.

L’interdiction précédente a déjà entraîné la fermeture de nombreux services de l’UNRWA à Jérusalem-Est, bien que l’agence continue d’y gérer un centre de formation professionnelle.

L’agence fournit une aide et des services — notamment en matière de santé et d’éducation — à environ 2,5 millions de réfugiés palestiniens à Gaza, en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, ainsi qu’à trois millions d’autres en Syrie, en Jordanie et au Liban.

Plus tôt l’année dernière, Israël avait interdit à l’agence d’opérer sur son territoire. Cette interdiction succède à des mois d’attaques menées par Israël contre l’agence, qu’il accuse d’être profondément infiltrée par le Hamas. L’UNRWA rejette cette accusation.