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Carney est préoccupé par l’escalade américaine au sujet du Groenland

Cette déclaration survient alors que le Canada serait sur le point d’envoyer des soldats au Groenland.

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Le premier ministre discute en marchant avec l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, à Doha, au Qatar, le 18 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Le premier ministre discute en marchant avec l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, à Doha, au Qatar, le 18 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Le premier ministre fédéral Mark Carney se dit préoccupé par l’escalade américaine dans la volonté du président Donald Trump d’acquérir le Groenland.

M. Trump a annoncé samedi que le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande seraient soumis à des droits de douane de 10 % à compter du 1er février.

Il a menacé de majorer ces droits de douane à 25 % dès le 1er juin si aucun accord n’est conclu pour «l’achat complet et total du Groenland» par les États-Unis.

«Le Canada est préoccupé par l’escalade actuelle, a déclaré M. Carney aux journalistes qui l’accompagnaient au Qatar. La souveraineté et l’intégrité territoriale de n’importe quel pays dans n’importe quel coin du monde sont inviolables.»

Il a ajouté que le Canada soutiendrait toujours la souveraineté et l’intégrité territoriale du Groenland et que l’avenir de ce territoire dépendait de son peuple et du Danemark.

Le premier ministre a rappelé que le Groenland était protégé par l’OTAN et que le Canada s’était engagé à collaborer avec ses partenaires de l’alliance afin de renforcer les capacités de défense dans l’Arctique.

«J’ai parlé avec le secrétaire général de l’OTAN [Mark Rutte] il y a une dizaine de jours à Paris au sujet du renforcement de notre sécurité globale. Le Canada travaille déjà sur cela», a-t-il dit.

M. Carney a ajouté qu’il transmettrait ce message à M. Trump s’il le rencontrait cette semaine à Davos, en Suisse, lors du Forum économique mondial.

Cette déclaration du premier ministre Carney survient alors que des soldats canadiens seraient sur le point de s’envoler pour le Groenland afin d’y réaliser des exercices militaires avec d’autres pays de l’OTAN. C’est ce qu’a révélé le Globe and Mail dimanche en fin d’après-midi.

Citant des sources officielles sous le couvert de l’anonymat, le quotidien affirme que les forces armées canadiennes attendent le feu vert final du premier ministre avant d’envoyer des soldats sur place.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a reproché dimanche au premier ministre d’essayer «de ménager les États-Unis en lançant la balle à l’OTAN et en faisant des reproches aux démocraties européennes».

Il a aussi condamné les récents voyages en Chine et au Qatar.

«Les valeurs démocratiques et humanitaires, et surtout les ressources pétrolières du Canada iront aux plus offrant? Ça semble être le plan d’affaires de Mark Carney. Inquiétant, notamment parce que le Québec n’a pas présentement la capacité de s’extraire de cette dynamique qui nie ses valeurs et ses intérêts», a écrit M. Blanchet sur la plateforme X.

Ambitions chinoises

Dans sa politique de défense annoncée en mai 2024, le Canada dénonçait les ambitions de la Chine et de la Russie dans l’Arctique.

«La Chine est un acteur mondial de plus en plus habile et perturbateur qui cherche à bouleverser le système international pour faire valoir ses intérêts et ses valeurs, qui divergent de plus en plus des nôtres», faisait alors valoir le gouvernement.

Mais ça, c’était avant l’arrivée au pouvoir de Mark Carney, qui a depuis réinitialisé les relations entre le Canada et la Chine.

Pas plus tard que vendredi. M. Carney a déclaré que les points de vue des deux pays concordaient largement au sujet du Groenland.

Il a dit aux journalistes que son gouvernement avait grandement accru la présence militaire canadienne dans l’Arctique pour qu’elle soit efficace «365 jours par an sur terre, en mer et dans les airs».