Enfin ! C’est ce que se disent plusieurs électeurs, plusieurs organisateurs, quelques candidats et peut-être même un ou deux chefs, alors que la campagne électorale arrive à sa fin. Trente-neuf jours de campagne, c’est intense comme audition. C’est maintenant à votre tour de choisir celle ou celui qui vous aura le plus convaincu.
Selon mes évaluations, on peut s’attendre mardi, à voir 90 à 95 nouveaux élus faire leur entrée à l’Assemblée nationale, ce qui va amener une grande vague de changement dans les visages que l’on verra, dans le ton des discussions, probablement même dans les personnes qui prendront les décisions.
Demain, pour ces 127 élus, c’est le début d’une aventure extraordinaire, mais aussi pour plusieurs personnes qui entourent ces nouveaux élus. Faisons un petit tour dans le «lendemain de veille» de ceux qui seront encore en politique demain.
Former un gouvernement
C’est la première tâche à laquelle va s’atteler le parti gagnant. D’abord, on mettra en place un comité de transition dans lequel des représentants du parti élu s’assoient avec des représentants de l’actuel gouvernement pour établir un plan de transfert du pouvoir qui soit efficace.
Les partis ont tous travaillé sur ce plan de match de façon plus ou moins assidue selon leurs chances de succès. C’est ce comité qui verra à la nomination des premiers officiers gouvernementaux, tels que le nouveau ou la nouvelle secrétaire général du gouvernement (plus haut fonctionnaire de l’État) et du ou de la secrétaire à la communication gouvernementale qui sont souvent nommés par le parti au pouvoir, puisque c’est la personne qui orchestre les communications de tout le gouvernement et qui s’assure que le ton concorde avec les objectifs du gouvernement élu.
Ce processus se fait en parallèle de la réflexion sur la nomination du futur conseil des ministres et le recrutement intensif des principaux membres des futurs cabinets ministériels. En effet, malgré le fait que les équipes de campagne soient bien fournies, il faudra aller à l’extérieur recruter les gens qui aideront les ministres dans leurs fonctions.
On ira alors dans les réseaux partisans, chez les bénévoles de campagne et, dans certains cas très spécifiques et plus rares, dans les partis adverses pour certains qui veulent continuer à servir l’État avec une nouvelle équipe.
À compter de demain, les prochaines semaines seront donc pas mal occupées pour le chef et ses équipes. Pas une minute de repos pour eux.
Former des oppositions fortes
Puisque nous avons la chance d’avoir une démocratie en grande santé si on se compare à d’autres pays dans le monde, il est tout aussi important que les oppositions se structurent rapidement après une élection.
Une fois que les chefs d’opposition auront décidé de leur avenir, il leur faudra, à leur tour, rapidement mettre en place leur équipe, réunir leur caucus et s’assurer que leur formation est fonctionnelle pour le retour en Chambre, qui devrait se faire début novembre.
Perdre une élection est un moment très difficile, mais pour celles et ceux qui ont été élus, c’est le début d’une double fonction : d’abord, celle de nourrir la démocratie en questionnant le futur gouvernement, mais aussi celle de faire le bilan de la dernière campagne électorale et d’entreprendre les travaux pour remettre l’organisation sur pied le plus rapidement possible.
La réalité pour ces oppositions, c’est que la prochaine campagne électorale débute demain matin. Vous allez me trouver un peu intense avec cette affirmation, mais, au lendemain d’une élection, le bilan que l’on fait et les leçons qu’on en tire sont à la base des victoires futures.
À partir de demain, l’histoire politique du Québec continuera à s’écrire, mais avant ça, aujourd’hui, elle est entre vos mains. Quels que soient votre choix, vos idées, vos ambitions ou vos positions, il est essentiel d’aller voter.
Les chefs des partis ont passé les 39 derniers jours à nous dire pourquoi il fallait voter pour eux, mais tout cela n’a du sens que si vous vous déplacez pour le faire.
Je ne dis pas ça pour stigmatiser ceux qui restent chez eux, simplement pour se rappeler que la démocratie est toujours fragile, qu’on ne doit jamais tenir pour acquis le privilège d’avoir une voix libre et que, même si on n’est pas toujours d’accord avec ce que les politiciens font, on a la chance d’avoir un pays dans lequel ce sont des gens comme vous et moi qui décident de l’avenir de nos sociétés.
Bonne élection!
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