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PSPP: garder le cap

Passer de sept députés à une majorité à l’Assemblée nationale demeure un défi colossal.

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Chronique Victor Henriquez | «PSPP: garder le cap» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) Chronique Victor Henriquez | «PSPP: garder le cap» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) (Montage Noovo Info et La Presse Canadienne)

Depuis quelques semaines, je partage avec vous mes conseils de communication pour les différents chefs de partis. Aujourd’hui, je me glisse dans la peau d’un conseiller de Paul Saint-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois.

PSPP est sans contredit le chef politique qui a le mieux performé au cours des quatre dernières années. Le travail acharné qu’il a accompli avec ses collègues à l’Assemblée nationale a été remarqué, et ses victoires lors de toutes les élections partielles depuis celle de Jean-Talon en 2023 en témoignent. Il a ainsi ajouté quatre nouveaux visages à son caucus, qui ne comptait que trois députés en 2021.

Un tel exploit démontre le chemin parcouru par le chef péquiste et son équipe, désormais en tête des sondages depuis trois ans avec une avance chez les francophones qui lui assurerait la victoire. Toutefois, une élection n’est jamais gagnée d’avance. Passer de sept députés à une majorité à l’Assemblée nationale demeure un défi colossal. Voyons quels sont les ingrédients pour y parvenir.

On défait des gouvernements

À l’écoute des interventions du chef péquiste depuis son retour de vacances, force est de constater que «l’on défait des gouvernements, on n’élit pas des oppositions». Concrètement, cela signifie qu’avant d’aspirer au pouvoir, il faut s’assurer que les Québécois souhaitent réellement un changement.

C’est la raison principale pour laquelle les messages du Parti québécois ciblent aujourd’hui prioritairement la Coalition Avenir Québec et Christine Fréchette. Que ce soit par le biais de campagnes publicitaires percutantes comme celle du «Hot Dog périmé» ou le slogan «Un gouvernement qui fait ce qu’il dit, un gouvernement qui dit ce qu’il fait», le PQ profite de cette précampagne pour solidifier la volonté de changement de l’électorat. C’est la stratégie gagnante: préparer le terrain pour ensuite passer en mode «offensive» pendant la campagne officielle et démontrer pourquoi le PQ est la meilleure option pour gouverner. Deux périodes, deux messages, deux cibles distinctes.

Ce n’est pas un référendum

Je ne m’en suis jamais caché: je suis fédéraliste et il est donc possible que mon opinion soit biaisée. Cependant, je suis convaincu de l’analyse dont je vous fais part. D’un point de vue stratégique, une élection n’est pas un référendum et il est donc très justifié que, jusqu’au 5 octobre prochain, le chef péquiste concentre ses énergies sur la vision gouvernementale plutôt que la question référendaire. D’ailleurs, en annonçant qu’un référendum n’aura pas lieu avant le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche, il clarifie sa position pour tenter d’éviter les inquiétudes de la population et un effet immédiat sur ses intentions de vote.

Trump et référendum: St-Pierre Plamondon clarifie ses propos Pas de référendum sur l’indépendance tant que Donald Trump dirige les États-Unis: entrevue avec le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

Cette stratégie semble avoir du succès pour le moment, mais il faut rester lucide. Les adversaires tenteront inévitablement d’attaquer le chef péquiste sur son intention de tenir un référendum lors d’un premier mandat, sur l’instabilité économique que cela peut entraîner et sur la nécessité d’avoir une alliance forte avec le reste du Canada. Le chef péquiste aura beau les accuser de brandir «l’épouvantail référendaire», cela reste son principal talon d’Achille dans le contexte actuel.

PSPP a tout avantage à ramener constamment le débat sur les priorités des Québécois, sur les échecs du gouvernement caquiste et/ou sur les soupçons sur l’éthique du parti libéral. S’il est élu, il aura trois ans pour débattre de la souveraineté.

Frapper sur les bonnes cibles

Vous souvenez-vous des sorties de PSPP sur le temps d’écran des jeunes? Personnellement, j’y vois l’illustration de sa plus grande qualité: placer au cœur de l’actualité des sujets ancrés dans le quotidien des gens. Cette sortie sur le temps d’écran en est un parfait exemple: le sujet a été porté sur la place publique, menant à une commission itinérante non partisane, à un rapport et à des mesures concrètes comme l’interdiction du cellulaire dans les écoles secondaires.

Cette capacité à amener des enjeux concrets qui démontrent aux gens qu’il comprend leur quotidien peut lui donner des ailes. Les options sont nombreuses: le logement, le coût de la vie, la santé, l’éducation, l’itinérance, les finances publiques ne sont que quelques exemples de secteurs où l’on trouve souvent les coupables, mais où l’on a besoin de solutions innovantes et réalistes.

Éviter l’espionnage, l’entrisme et les attaques inutiles

Je conseille finalement au chef péquiste d’éviter, durant la campagne, les sujets comme l’entrisme religieux, les craintes d’espionnage ou les dangers de l’immigration. Les Québécois n’ont, selon moi, aucun appétit pour ces positions qui peuvent paraître farfelues et très clivantes. Ces sorties, par le passé, ne lui ont jamais été profitables. D’ailleurs, je suis convaincu que ce constat a déjà été fait au sein de son équipe.

Tout comme Pierre Poilievre l’était face à Justin Trudeau, PSPP est dans une position enviable à l’approche de l’élection 2026. Avec une campagne rigoureuse, sans dérapages, il devrait l’emporter. Il devra toutefois résister à la pression d’être la cible principale de ses adversaires, gérer l’effet des sondages et, surtout, se préparer aux répercussions d’une éventuelle guerre tarifaire. C’est là un facteur hors de son contrôle qu’il ne doit pas négliger pour ne pas reproduire les erreurs du chef conservateur qui a perdu à cause de cette même dynamique lors de la dernière élection fédérale.

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