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Chronique | Bulletin du gouvernement en éducation

C’est le moment d’attribuer les notes de fin d’année au gouvernement dans le dossier de l’éducation.

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Chronique Shophika Chronique | Bulletin du gouvernement en éducation (Montage Noovo Info et Envato)

Qui dit fin de l’année scolaire dit bulletin ! Pendant que le personnel enseignant croule sous les corrections, c’est le moment d’attribuer les notes de fin d’année au gouvernement dans le dossier de l’éducation.

A+: le report du nouveau programme de français

Commentaire: excellent réflexe. A démontré du jugement.

Le report du nouveau programme de français mérite la meilleure note. Pour qu’une réforme fonctionne, il faut donner du temps aux enseignants, aux directions et aux équipes-écoles pour se former et choisir le matériel approprié. L’implantation obligatoire est donc repoussée à la rentrée 2027. On a choisi de respirer avant de courir. Comme quoi reporter ne veut pas toujours dire reculer.

B: cellulaires et civisme

Commentaire: bonne intervention, mais doit approfondir sa réflexion.

L’interdiction des cellulaires a fait jaser. Pourtant, les témoignages positifs se multiplient : moins de distractions et davantage d’échanges. Il faut l’admettre, la mesure semble avoir bien fonctionné. Ce qui manque, c’est la sensibilisation. Le retrait du téléphone à l’école ne règle pas à lui seul la dépendance, la cyberintimidation ou les mauvaises habitudes numériques. Quant au vouvoiement obligatoire et à l’usage de « madame » ou « monsieur », on s’entend qu’on a agi sur la symbolique plutôt que sur le fond du problème, soit la montée de la violence et l’incivilité dans nos écoles. Cela dit, on salue la ministre Lebel qui a commandé une enquête nationale sur la violence à l’école qui risque de rapporter les mêmes évènements rapportés par plusieurs acteurs, comme la CSN en janvier dernier.

Interdiction du cellulaire au primaire et au secondaire: des élèves s'expriment Il y a un an, le ministère de l’Éducation instaurait une interdiction du cellulaire pour les élèves du primaire et du secondaire. À l’approche de la fin de l’année scolaire, Noovo Info est allé rencontrer quelques élèves à ce sujet.

B – : la fin des critères de sélection pour les PPP au primaire

Commentaire: a démontré de l’effort. Résultat à surveiller.

À compter de 2027, les écoles primaires ne pourront plus utiliser les résultats scolaires pour sélectionner les élèves dans les projets pédagogiques particuliers (PPP). Mais ne confondons pas ouverture et accès universel. Cette décision ne garantit pas une réelle mixité, et ne fait disparaître ni les programmes plus spécialisés ni les autres mécanismes de sélection bien plus préoccupants, notamment ceux au secondaire. Chose certaine, l’école « à trois vitesses » s’impose comme sujet de discussion lors de la prochaine campagne électorale.

D – : financement des écoles publiques

Commentaire: méthode de travail à revoir.

Le financement de l’école publique demeure un enjeu particulièrement sensible au Québec. N’oublions pas qu’à pareille date l’an dernier, le gouvernement annonçait d’importantes compressions totalisant 570 millions de $.

Cette année, l’approche est moins frontale, mais elle n’en demeure pas moins préoccupante. Le gouvernement réorganise les enveloppes budgétaires et présente cette démarche comme une façon d’offrir davantage de « flexibilité » aux écoles. La flexibilité, c’est un beau mot. Mais, sur le terrain, ça signifie parfois devoir choisir entre le sport, les arts, les livres ou le matériel pédagogique. La réorganisation des enveloppes réservées sera donc un dossier important à surveiller en vue de la rentrée 2026-2027. Parce qu’en matière de financement scolaire, il faut parfois lire entre les lignes. Et, de préférence, dans un livre que l’école aura encore les moyens d’acheter.

Or, pendant ce temps, les toits qui coulent, nos écoles ont des problèmes de moisissure et de qualité de l’air, et les murs s’effritent. Selon les données gouvernementales de février 2026, 51 % des bâtiments sont classés D ou E, ce qui signifie qu’ils sont en mauvais ou en très mauvais état. Au moins, les écoles suivent le programme : même les bâtiments reçoivent des notes !

3,7 G$ de plus par année pour que le réseau scolaire public soit fonctionnel? Plan de relance en éducation: l’IRIS conclut qu’il faut 3,7 G$ de plus par année pour que le réseau scolaire public soit fonctionnel.

À la dégradation du parc immobilier s’ajoute maintenant la révision de l’indice de milieu socio-économique (IMSE). Selon un reportage de la journaliste Bussières McNicoll, plus de 400 écoles pourraient voir leur soutien financier diminuer en raison d’une baisse de leur indice, dont la méthode de calcul n’a pas été revue depuis 30 ans.

Autrement dit, il ne faut pas boire le Kool-Aid du gouvernement, surtout que les écoles n’ont peut-être même plus le budget pour acheter le pichet.

Z: le voile

Commentaire: écrire son nom sur une copie vide ne suffit même plus pour une note.

La loi 94, sanctionnée l’automne dernier, renforce la laïcité dans le réseau scolaire. On apprend maintenant qu’une mère bénévole n’a pas pu aider à une fête de fin d’année de son enfant parce qu’elle porte le voile. Quand une règle fait passer une mère bénévole pour une menace institutionnelle, on est loin de protéger vraiment ce que la neutralité de l’État est censée être.

En éducation, certaines décisions méritent d’être saluées, mais les angles morts ne peuvent être ignorés. À l’approche des élections de l’automne, les partis devront faire leurs devoirs et s’assurer que l’éducation ne soit pas reléguée au second plan entre deux promesses économiques.

Cette fois, ce sera à la population de corriger les copies et d’attribuer la note finale.

Shophika Vaithyanathasarma est doctorante en éducation au Boston College. Son regard sur l’éducation est nourri par son expérience comme enseignante de mathématiques sans brevet, son parcours politique comme candidate aux élections. Animée par un profond intérêt pour les personnes et leurs parcours, elle souhaite faire entendre leurs réalités et rapprocher la science, la politique et les réalités du terrain.