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Victor Henriquez | Crise au PLQ: apprendre à perdre

Le moins que l’on puisse dire est que la dernière semaine n’a pas été de tout repos pour la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade.

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Le moins que l’on puisse dire est que la dernière semaine n’a pas été de tout repos pour la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. Le moins que l’on puisse dire est que la dernière semaine n’a pas été de tout repos pour la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. (Paul Chiasson | La Presse canadienne)

Le moins que l’on puisse dire est que la dernière semaine n’a pas été de tout repos pour la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. Après avoir expulsé précipitamment de son caucus la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, nous avons appris en début de semaine qu’elle cherchait à la réintégrer.

Cette tentative s’est avérée inutile puisque Mme Nichols a non seulement indiqué qu’elle ne reviendrait pas, mais elle a aussi demandé la démission de la cheffe du PLQ. Comme si cela n’était pas assez, de nombreux anciens députés libéraux sont sortis publiquement afin de demander le départ de celle qui dirige le parti depuis 2020. 

Malgré quelques tentatives de reprendre le contrôle de la conversation et un appui de plusieurs membres de son caucus actuel, Mme Anglade est l’objet d’une fronde interne que l’on a rarement vu chez les libéraux. Bien sûr, celle-ci trouve un nouvel élan dans la gestion catastrophique de cette crise, mais elle a des racines beaucoup plus profondes. 

Des «ex» qui se mobilisent

Alors que l’incursion d’anciens élus dans les affaires du Parti québécois a souvent fait l’objet de risée de la part des libéraux, il semble bien que cette habitude les ait maintenant envahis. Ce sont aujourd’hui les anciens rouges qui, après avoir quitté la politique volontairement ou en perdant, reviennent en force dans l’espace public pour donner leur opinion négative sur les décisions de la Cheffe du PLQ.

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Anciens ministres et anciens députés ont répondu allègrement aux demandes des journalistes en ayant très majoritairement le même discours : « elle doit quitter ». En demandant aussi directement le départ de la cheffe, ils envoient un message de division qui n’est pas dans les habitudes plus «pudiques» des libéraux, ce qui n’aide certainement pas un parti dont le lien avec les Québécois s’est usé bien avant que Dominique Anglade devienne cheffe, à une époque où la majorité de ces élus siégeaient au caucus. 

Quand la victoire devient la seule option

Ce qui me saute aux yeux dans ces réactions, c’est le désir de plusieurs de faire porter la défaite entière sur les épaules de Mme Anglade alors que tout le monde savait que la victoire eut été impossible pour les libéraux à cette élection. On ne se retrouve pas à 8 % chez les francophones du jour au lendemain et cette rupture du lien de confiance entre le PLQ et la population est tellement importante qu’il est impossible qu’elle soit l’œuvre d’une seule personne.

De 2003 à 2018, les libéraux ont été au pouvoir pendant 13 ans et demi.  C’est une des plus longues périodes avec le même parti que le Québec ait connu. Depuis 2018, on semble avoir du mal à accepter au PLQ qu’il est fort probable que les Québécoises et les Québécois ont tout simplement besoin d’avoir autre chose. La défaite est nécessaire dans un parti pour se renouveler, se remettre en question, se réinventer et garder son humilité. 

Quand je regarde les divisions des dernières années dans ce parti, il semble clairement y avoir des gens qui n’acceptent pas que la reconstruction passe par des périodes creuses, des erreurs, de nouvelles propositions et surtout de nouveaux visages. Elle nécessite également une solidarité entre les membres, les employés, les dirigeants, les élus et les anciens élus.

Loin de moi l’idée de minimiser la responsabilité de Mme Anglade et de son entourage dans la gestion chaotique des derniers jours, cependant, les demandes de démission ne sont rien pour aider à l’amélioration de l’image de ce parti auprès des citoyennes et des citoyens.

Madame Anglade a le droit de rester, si elle le veut, car ce sont les membres du PLQ qui ont le pouvoir de lui montrer la porte et ils en auront l’occasion lors du vote de confiance à venir. Celui-ci devrait d’ailleurs être plus tôt que tard afin que ces guerres intestines se calment et que la réputation du parti ne soit pas entachée de manière définitive. 

La défaite des libéraux est le résultat de nombreux mauvais choix pris par de nombreuses personnes qui sont là en ce moment et d’autres qui n’y sont plus. Dans tous les cas, pour avoir une chance de rester pertinents aux yeux des électrices et des électeurs, les libéraux devraient commencer par accepter la défaite, se remettre en question et surtout à trouver des solutions plutôt que de chercher des coupables.