Chroniques

Va jouer dehors !

Ne rate jamais une chance de le faire.

Mis à jour le 

Publié le 

(La Presse canadienne | Noovo Info)

Je sais, mon titre sonne comme un slogan pour une campagne de l’organisme Participaction pour vous inciter à vous bouger le derrière. C’est un peu ça quand même.

Au moment où j’écris ce texte, je suis à mon chalet dans ma belle région natale de Charlevoix. Je suis venu prendre une petite pause, respirer le bon air du fleuve et donner 6 litres de mon sang aux maringouins qui se garrochent sur moi comme sur buffet à volonté de la Casa Corfu.

Pour vous faire le topo complet, je suis dehors sur la galerie et je tape sur ma tablette en combo t-shirt-bobette accompagné d’un fond de café. La brume se lève sur la montagne et même ici, la journée s’annonce caliente comme une toune de Enrique Iglesias.

On ne se fera pas de cachette, en ce moment, dans le monde, ça se tire des bombes par la tête un peu trop à mon goût. Et un peu trop partout. Ça manifeste et ça beugle pour de bonnes et moins bonnes causes. Les grands et grandes boss des nations se font des parties de bras de fer pour déterminer qui a le plus d’atouts dans son jeu.

Mère nature se rebelle à plusieurs endroits comme pour dire: aïe. C’est moi la patronne de la planète et arrangez vous pas pour que je me choque pour de bon. Bref, un bol à punch ben plein d’affaires qui ne font pas sauter de joie et qui pourraient affaiblir le moral des plus optimistes d’entre nous.

À VOIR AUSSI | Planche à pagaie: connaissez-vous les consignes de sécurité?

Ma solution? Va jouer dehors. Va juste jouer dehors un ti-boute. Comme en ce moment au chalet, je choisis délibérément de faire abstraction de tout ce qui arrive partout. Je veux m’en foutre totalement. Me mettre les plus grosses œillères qu’on a jamais vues. Des œillères qui seraient homologuées dans le livre des Records Guinness. Se donner la permission d’avoir un moment de légèreté et d’insouciance.

Peu importe ce que sont tes rituels, «va jouer dehors», fais-les. Ne rate jamais une chance de le faire. Sortez de chez vous et laissez le vent passer un bon coup d’air frais dans votre cerveau. Ça n’a même pas à être quelque chose de compliqué qui demande des bâtons de marches, une boussole et une planification de trois jours. Faites-le seul, en duo ou en groupe. Pas de limite.

Et quand je vous dis que je choisis délibérément de ne plus voir ce qui passe partout sur notre globe terrestre, ce n’est pas pour me mettre la tête dans le sable et aller vivre sur la terre des licornes où la paix est reine. Ce n’est pas non plus parce que je crois que lorsqu’on efface quelque chose de notre tête, ça disparaît aussi par enchantement dans la vraie vie.

Non. C’est juste pour trouver mon équilibre. Mon équilibre entre : je me tiens au courant de ce qui m’entoure et qui me fait pousser de gros «TABARBNAK, OÙ C’EST QU’ON S’EN VA?» et des moments de paix, de calme et de gros funs comme si j’avais atterri sur l’île fantastique de monsieur Roark et que Tattoo m’attendait pour me mettre un collier de fleurs autour du cou avant d’aller faire la fête.

À VOIR AUSSI | Étude: 98% des plans d'eau inaccessibles au public

Chaque jour, nous sommes bombardés de nouvelles qui sont vraies, des fois vraies et pas vraies du tout. On tente de s’y retrouver et on peut facilement être aspiré dans une spirale sans fin. Nous sommes à l’air où on apprend ce qui se passe partout sur la planète en temps presque réel. Avec un mince décalage dans le temps.

C’est fabuleux, j’en conviens. Mais ça peut être aussi créer une dépendance. Nous amener à faire une certaine anxiété sur ce que pourrait être la suite des choses. On est sur le crystal meth de tout savoir et de tout commenter.

Alors docteur Alex te le répète : va jouer dehors. Dans une totale naïveté comme lorsqu’on avait 11 ans et que notre vélo BMX, avec son faux réservoir d’essence en plastique, nous donnait l’impression de piloter une Harley-Davidson dans les rues du quartier. Oublie pendant un boute de temps que ça part en vrille de partout. Mets ton cerveau en jachère. Cultive un brin d’oisiveté.

Je profite de ces dernières lignes pour vous dire que je prends une pause de texte jusqu’à la mi-août. Je veux aussi vous remercier de me lire si régulièrement chaque semaine. Merci de m’écrire pour me parler de mes textes. Que vous soyez d’accord ou non. Les échanges, c’est une richesse. Ça me touche toujours beaucoup. Et merci à mon boss Mick de me permettre de vous parler de ce qui me trotte en tête. Avoir une tribune publique, c’est un privilège. Un beau privilège.

À bientôt xx

Asteure… je termine mon café et je pars voir au quai s’il n’y aurait pas un béluga de passage ou un phoque effoiré sur une roche. J’aurais bien sûr mis un short par-dessus mes bobettes, t’inquiète. Bye!

Pour recevoir toutes les chroniques d'Alex Perron, abonnez-vous à notre infolettre, Les débatteurs du samedi.