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Trouver une place en camp de jour? Mission impossible!

«C’est frustrant et c’est une course contre la montre à chaque fois !»

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(Montage Noovo Info et Envato)

Trouver une place en camp de jour pour son enfant est une course à obstacles. Pour réussir à organiser leur été, les parents doivent être des as de la planification, méthodiques, persévérants, astucieux. Est-il temps que le gouvernement ou les villes s’en mêlent ?

«C’est frustrant et c’est une course contre la montre à chaque fois !»

Rachel Cameron, mère de Clémence, 8 ans, vit chaque année, comme bien des parents d’enfants d’âge scolaire, l’angoisse des inscriptions aux camps de jour. L’expérience n’a absolument rien de simple ni de convivial, raconte-t-elle.

«Les places ouvrent à une date précise et on doit remplir un formulaire avec beaucoup d’informations, explique la Montréalaise. Si tu changes de camps, tu dois refaire tout le processus. Parfois, c’est déjà complet. Tu dois aussi réserver le service de garde pour les semaines choisies et il arrive que celui-ci soit complet une fois le camp réservé… Donc il faut que tu t’organises autrement.»

Catherine Lambert, de Trois-Rivières, vit la même chose. Ses enfants ont 7, 11 et 12 ans et chaque année, l’inscription aux camps de jour est un casse-tête.

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«Les meilleures places sont dans les camps spécialisés et souvent, tout s’envole en cinq minutes, dit-elle. L’inscription aux camps, c’est l’ultime combat parce que si tu manques ton coup, il reste les camps offerts par la ville. Ils sont moins chers, mais n’offrent pas la même qualité d’activités. Et puis, ce n’est pas nécessairement ce que les enfants veulent et ils ne sont pas avec leurs amis. Tu vis donc avec la déception de tes enfants.»

Prévoir son été en janvier

Même son de cloche pour Antonine Yaccarini, mère d’Henri, 7 ans. «C’est du stress. Il faut surveiller la date d’ouverture de l’inscription et se garrocher, confie la résidente de Québec. Il faut réserver semaine par semaine donc ça demande une bonne séance de coordination avec mon chum, nos agendas, nos autorisations de vacances. Et ça coûte cher !»

Catherine Lachance, de Saint-Jérôme, est devenue une pro de l’organisation et de la planification… même si elle n’aime pas ça ! Son été est tout réfléchi et prévu… dès le 28 janvier.

«Je me prépare un calendrier à l’avance, tout est noté, raconte la mère d’un garçon de 9 ans. Je réserve sept camps différents pour un total de sept semaines. C’est faisable, mais il faut être à son affaire. C’est sûr que ça illustre à quel point il y a un manque d’offres de camp de qualité.»

Contourner les règles

Certains parents me parlent de fichiers Excel élaborés et d’appels faits simultanément par l’autre parent et par les grands-parents, question de maximiser les chances de réserver le camp voulu. D’autres mentionnent qu’ils font appel à leur réseau de contacts : quand on connaît quelqu’un à la ville et que les places aux camps de jour de ladite ville se remplissent vite, on tente de contourner la règle…

«Je connais la dame qui loue les locaux de l’établissement scolaire aux camps d’été, glisse une mère de famille de la Rive-Sud qui réserve des camps spécialisés pour ses deux enfants. Je n’ai pas à passer par le site internet pour m’inscrire, on m’inscrit directement la veille…»

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À l’opposé, il y a les parents qui n’y arrivent pas : les camps coûtent trop chers pour leur budget, leur travail ne leur permet pas de tout arrêter pour prendre part aux inscriptions ou ils n’arrivent tout simplement pas à réserver à temps les places convoitées.

«Ne m’en parle pas, c’est l’enfer, lance Guylaine Bisson, mère de deux enfants à besoins particuliers. Je dois demander l’aide d’accompagnateurs et depuis deux ans, c’est introuvable. Et les camps adaptés pour mes enfants, ça ne court pas les rues. Je dois m’arranger autrement.»

Problèmes d’intégration

S’arranger autrement, ce n’est possible pour tout le monde. Quand on vient d’arriver au Québec, quand on navigue dans des horaires atypiques, quand on manque de moyens financiers, quand on a peu de réseau voire pas du tout, la fin des classes et le début de la saison estivale signalent le début d’un stress immense : sera-t-il possible de travailler et d’occuper les enfants, cet été ? On va y arriver comment ?

Peut-être qu’il faudrait faire les choses différemment — à la fois pour soulager les parents et pour garantir une place à chaque enfant. De plus, ce ne sont pas tous les camps qui proposent des services et des activités de qualité égale…

Une responsable du milieu communautaire pour une municipalité m’indique avec justesse que «les camps n’appartiennent à aucun ministère» et donc qu’il y a une «déresponsabilisation de l’État» en ce qui concerne l’intégration des enfants. Elle fait ici référence au fait que les villes doivent accueillir tous les enfants, peu importe leurs profils, troubles, particularités ou besoins particuliers — or, les moniteurs sont souvent des adolescents peu expérimentés.

«Je ne suis pas certaine qu’on fasse le bon choix en intégrant tous les enfants, à tout prix», laisse-t-elle tomber.

Ailleurs dans le monde

Certains pays ont développé des approches novatrices pour gérer les camps de jour. En Suède, il y a une forte implication de l’État et les camps sont ouverts à l’année. Les camps sont subventionnés et gérés par les villes. La tarification se fait en fonction du revenu des parents.

Au Danemark, le gouvernement traite les camps de jour comme un service public : les enfants sont inscrits automatiquement aux camps à la fin des classes, donc il n’y a aucune guerre aux inscriptions.

En Allemagne, les camps proposent un encadrement continu, tous les employés sont formés de la même façon et les horaires couvrent de grandes périodes de la journée.

Ce que je retiens ? La centralisation des inscriptions, les subventions publiques accrues, le prix selon les moyens de chaque famille et le lien fort entre le camp et l’école et sont des pistes à considérer. Elles pourraient en tout cas faciliter la vie de bien des parents au Québec.

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