Société

Un skatepark intérieur à la rescousse du sport-études du Triolet

«On a une semaine pour décider si on le fait ou on ne le fait pas.»

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Un skatepark intérieur à la rescousse du sport-études du Triolet ESTNI-SPORT ETUDE SKATE

La survie du premier programme de sport-études en skateboard du Québec est en jeu à l’école du Triolet. La solution? Ouvrir un skatepark intérieur à Sherbrooke.

C’est ce que souhaitent réaliser les copropriéaires de Skatéducation, qui chapeautent le programme. Depuis une dizaine d’années, les cours de skate se donnaient à même les couloirs de l’école durant les périodes hivernales. L’automne dernier, un comité interne de l’établissement a jugé que les activités de skateboard à l’intérieur de l’école n’étaient pas suffisamment sécuritaires.

Alexandre Blais et Kevin Domon devaient prendre une décision en seulement quelques semaines s’il voulait sauver l’avenir du programme pour une vingtaine de jeunes. Les cours dans les couloirs pourront continuer jusqu’à la fin de l’année scolaire 2025 grâce à un droit acquis, mais pour pouvoir accueillir les jeunes à la prochaine rentrée, il fallait trouver une solution cet hiver.

Rapidement, les copropriétaires ont trouvé un local. La recherche de financement est maintenant commencée.

«On n’a même pas eu le temps de penser à une stratégie ou un plan d’affaires. On a une semaine pour décider si on le fait ou on ne le fait pas – on le fait, on signe et on après on s’arrange», se rappelle M. Domon, qui est également l’entraîneur-chef du programme de sport-études en skate.

Noovo Info (Noovo Info)

Le nouveau local situé sur la rue King Est se voudra également un endroit permettant d’améliorer l’accessibilité au skate à Sherbrooke, une mission que s’est donnée M. Blais depuis déjà plusieurs années.

Les sports d’équipe, pas pour tous

La création d’un skatepark intérieur à Sherbrooke remonte déjà à loin. Depuis des décennies, Clôde Beaupré, le fondateur du programme sport-études en skateboard de l’école du Triolet, tente de mettre sur pieds un projet du genre, sans succès.

Ce nouveau local pourrait combler un vide dans la communauté, estime-t-il.

Alex Sauro | Noovo Info (Alex Sauro | Noovo Info)

«Quatre jeunes sur dix n’en ont rien à cirer des sports d’équipe et on ne répond pas à leur besoin. On veut les diriger vers les choses qui sont conventionnelles […] et il y a plein de sports alternatifs qu’on ne touche pas», soutient M. Beaupré.

M. Beaupré, qui pratique le skateboard depuis les années 1970, faisait justement partie de ces jeunes n’ayant aucun intérêt pour le hockey ou le soccer. Il ajoute que l’activité du skateboard a grandement évolué depuis et souligne notamment l’arrivée du sport aux Olympiques.

D’ailleurs, une première vidéo publiée sur Instagram faisant la promotion de ce projet a récolté plus de 150 000 vues en seulement une semaine.

«Un esprit familial»

Pour plusieurs jeunes du programme, le skate est également une opportunité de trouver sa place dans une communauté.

M. Domon rappelle que de faire du skate est un privilège. À force de skater ensemble, on développe «un esprit familial». Pour cette raison, les jeunes ont tendance à donner les bouchées doubles à l’école pour pouvoir continuer au sein du programme, estime-t-il.

«Ça contre le décrochage scolaire. Ça fait en sorte que les jeunes ne skip pas. Ça l’a énormément de positif, même académique», exprime l'entraîneur-chef.

Pour arriver à leur but, les responsables du programme sont à la recherche de 80 000 dollars pour rénover le local d’un nouveau sol de béton et pour payer le loyer. Une vente de beignes organisée par les jeunes du programme a permis de récolter près de 5000 dollars durant la période des Fêtes.

Le local devrait être prêt pour une ouverture progressive d’ici la rentrée scolaire, en septembre.