La Ville de Sherbrooke cherche à améliorer la sécurité routière dans ses quartiers résidentiels. Tout le monde s’entend pour réduire la vitesse, mais abaisser la limite à 40 km/h ne fait pas l'unanimité au conseil.
La moitié des élus voudrait aller plus loin en imposant une limite de 30 km/h.
La mairesse, Évelyne Beaudin, se range du côté du 30 km/h. C’est l’option la plus sécuritaire pour les rues locales, selon elle.
«Dans ces rues-là, souvent on va retrouver des parcs, des écoles, des CPE, des gens qui marchent et qui veulent profiter de l’espace extérieur en toute sécurité», argumente Mme Beaudin.
De l’autre côté, la conseillère Annie Godbout brandit les résultats d’un sondage mené par la Ville indiquant que seulement 25% des 2700 Sherbrookois sondés voulaient voir la limite de vitesse réduite à 30 km/h contre 59% pour le 40 km/h.
«Ce n’est pas nécessaire (de réduire à 30 km/h). Devant les écoles ou devant les parcs, il y a beaucoup d’enfants qui y circulent, il faut faire plus attention», souligne-t-elle, rappelant que ces secteurs sont généralement déjà des zones de 30 km/h.
Mme Godbout rappelle également qu’un plus grand ajustement de la vitesse engendrerait des coûts de 1,5 million sur deux ans à la Société de transport de Sherbrooke en raison des ajustements nécessaires aux parcours.
Une vraie différence?
Est-ce que 10 km/h peuvent réellement faire une différence? Selon Piétons Québec, oui.
«Toute diminution de vitesse est appréciée parce que la vitesse a un impact majeur lors de collision, mais 30 km/h, c’est vraiment la vitesse recommandée», soutient le conseiller en aménagement pour Piétons Québec, Louis Martin.
Il existe également d’autres facteurs. Depuis plus de 100 ans au Québec, les routes ont été aménagées pour l’automobile: de larges rues droites sans obstacle.
Un meilleur aménagement du réseau routier est «vraiment la clé pour améliorer la sécurité de tous, ajoute M. Martin. Par exemple, la réduction des voies de la chaussée ou même le retrait de certaines voies de circulation pourraient faire ralentir les automobilistes, parfois plus que les nombres inscrits sur les pancartes.
Le conseil municipal de Sherbrooke devra trancher sur cette question lors de la séance du 2 septembre prochain.
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