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Obligés de chanter en français: des musiciens de rue dénoncent un projet pilote de la Ville de Québec

«Cette nouvelle, ça a été la goutte qui a fait déborder le vase.»

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Obligés de chanter en français: des musiciens de rue dénoncent un projet pilote de la Ville de Québec QUENI-FRANCAIS RUES INTERDICTION

Des musiciens de rue dénoncent un projet pilote de la Ville de Québec, qui n’accepte que la musique francophone dans certains secteurs. Ils affirment que cette décision affecte leur liberté artistique et leurs revenus.

Ne pas chanter en anglais dans le Vieux-Québec, c’est une fausse bonne idée aux yeux du musicien de rue Birdie Veilleux. Bien que «l’intention est bonne», cela démontre qu’il «une fracture entre les performeurs de rue et ceux qui font les règles», lance-t-il d’emblée.

«Depuis 2017, les conditions pour les amuseurs publics n’arrêtent pas de se détériorer. On est rendu la place dans le monde la plus régulée, a-t-il déploré.

«C’est de plus en plus difficile de faire notre travail. Cette nouvelle, ça a été la goutte qui a fait déborder le vase.»
-Birdie Veilleux, musicien de rue

Le responsable des communications à la Ville de Québec, François Moisan, explique que cette règlementation provient des demandes d’un comité de citoyens qui souhaitaient «qu’on mette l’accent sur la musique francophone dans le Vieux-Québec».

Deux sites sont donc concernés par ce projet pilote: le parc Félix-Leclerc et la place Royale.

Mais selon M. Veilleux, ne pas avoir de répertoire anglophone fera mal aux artistes de rue, alors que la majorité des touristes ne parlent pas français.

Le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Claude Villeneuve, partage cet avis. Il croit que la règlementation nuit d’ailleurs «à la diffusion de la chanson francophone».

«D’avoir de la diversité dans son répertoire, c’est ce qui permet à notre musique de percer le mur», a-t-il avancé.

La Ville de Québec, qui rappelle que ce projet pilote est seulement à l’essai, ne compte pas empêcher les artistes autochtones de chanter dans leur langue d’origine.

Voyez le reportage de Félix-Antoine Audet dans la vidéo.