Il y a 30 ans, comme chaque année depuis, les Saguenéens se préparaient aux traditionnelles vacances de la construction. À la différence des dernières années, cette période de 1996 a été chamboulée par ce qu’on désigne depuis «le déluge du Saguenay».
Noovo Info s’est entretenu avec Éric Arseneault, enseignant en Actualité au Cégep de Jonquière, afin de revisiter les événements.
Beaucoup plus de pluie que prévu
Dans le journal Le Quotidien, daté du 19 juillet 1996, le texte d’un encadré météo souligne qu’une intense dépression en développement sur l’Ontario traversera le Saguenay et le Lac-Saint-Jean. «Des quantités abondantes de pluie (près de 50 mm) tomberont sur la plupart de nos régions. La pluie cessera ce soir», pouvait-on notamment y lire.
La région aura finalement reçu plus de 250 mm de pluie en 48 heures alors qu’il était tombé environ 120 mm de pluie entre le 1er et le 18 juillet de l’époque.

«On ne s’attendait pas du tout à cette quantité de pluie», a souligné M. Arseneault en précisant que le bulletin météo a été publié le vendredi matin et qu’il remontait probablement à la veille, au moment de l’impression.
«Je me souviens très bien que le vendredi, en fin d’avant-midi, on avait reçu un bulletin spécial d’Environnement Canada avec un avertissement de pluie abondante, mais on ne pouvait pas prendre connaissance véritablement de l’ampleur de ça», a-t-il raconté.
Des dizaines de barrages cèdent
La pluie diluvienne a vite fait de rendre les sols gorgés d’eau et a provoqué la rupture de plusieurs barrages dans la région.
«C’était impossible d’imaginer jusqu’où ça pouvait aller», a souligné l’enseignant d’actualité qui travaillait à l’époque comme journaliste.

«Notre petite équipe, on était littéralement débordée et submergée», s’est souvenu M. Arseneault. «Et le truc, c’est que la situation a dégénéré en l’espace de quelques heures seulement.»
Reconstruire, un défi «titanesque»
Si le déluge a été un événement traumatisant, la reconstruction qui s’en est suivie fut un défi «titanesque», selon Éric Arseneault. «Une fois la période de crise passée, il fallait gérer les dommages.»
M. Arseneault garde en mémoire notamment le travail des autorités et la visite du premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard, qui était venu à Jonquière le dimanche. «Je me souviens d’une conférence de presse qu’il avait donnée le dimanche soir. Ce soir-là, on l’avait senti vraiment affecté et troublé.»

Éric Arseneault se rappelle aussi que le gouvernement de l’époque avait mis en place un processus spécial afin d’accélérer la reconstruction. «Il y a eu un effort concerté.»
Ancré dans les mémoires, le déluge du Saguenay aura fait 10 victimes et plus de 1,5 milliard de dollars en dommages.

