La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, demandent au prochain gouvernement du Québec de faire du financement des infrastructures municipales l’une de ses priorités.
En point de presse mardi à Montréal, les élues ont rappelé que le constat au Québec est actuellement «très clair» alors que le déficit lié aux investissements dans les infrastructures atteint presque 50 milliards de dollars.
«Si rien ne change, on s’en va frapper un mur», a mentionné Mme Martinez Ferrada soulignant que les villes doivent faire face à un déficit dans les chiffres, mais aussi en termes de services aux citoyens. «C’est assez incroyable que cet été, la deuxième plus grande ville du Canada, Montréal, ait eu un risque réel de manquer d’eau potable».
À lire aussi | Crise dans le transport public: l’UMQ presse le prochain gouvernement d’agir
Il n’y a pas que les infrastructures liées à l’eau qui posent problème, il y a aussi celles liées au réseau routier, - dont les nids de poule -, aux égouts, aux transports, à la culture et aux sports et même à la sécurité, dont les postes de quartier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et ceux des pompiers.
«Montréal met environ 70% de son programme d’investissements dans le maintien des infrastructures, soit environ 1,7 milliard de dollars par année, et ce n’est pas assez, notre déficit est autour d’un milliard», a déploré la mairesse de Montréal.
La mairesse de Longueuil abonde dans le même sens. «Nos infrastructures craquent de partout. [...] On fait face à un mur financier qui est immense», a confié Catherine Fournier. «Juste pour maintenir les services, la Ville de Longueuil doit avoir une augmentation de revenu de 3,5% l’an prochain, et ça, c’est sans investir aucun sou en immobilisation», a-t-elle expliqué.
Des demandes répétées
Ce n’est pas la première fois que la mairesse de Montréal interpelle les candidats et candidates aux élections du 5 octobre prochain sur la question des infrastructures municipales.
À la fin du mois d’août dernier, Soraya Martinez Ferrada avait réclamé au futur gouvernement québécois un financement «stable, prévisible et suffisamment flexible» pour faire face aux multiples enjeux concernant les infrastructures, notamment celles liées à l’eau. «Montréal fait sa part, Québec doit faire la sienne», avait-elle alors conclu.
Dans un entretien avec CTV News le mois dernier, Rebecca Dziedzic, professeure adjointe à l’Université Concordia en ingénierie du bâtiment, du génie civil et de l’environnement, estimait que la plupart des infrastructures de distribution d’eau à Montréal pourraient avoir entre 50 et 60 ans.
La remise à niveau ou la construction d’infrastructures fait d’ailleurs partie des priorités de plusieurs municipalités du Québec que ce soit pour l’entretien des routes, des réseaux d’aqueduc et d’égouts ou encore pour les bâtiments municipaux.
Une étude publiée en mai dernier par l’Union des municipalités du Québec dévoilait d’ailleurs que les responsabilités confiées aux municipalités augmentent beaucoup plus vite que les moyens financiers pour y répondre et que la pression venait notamment des investissements requis pour les infrastructures, souvent vieillissantes.
«À elles seules, les municipalités financent déjà les deux tiers des infrastructures publiques. Si rien ne change, il manquera au moins 9 milliards de dollars d’ici 2035 aux municipalités pour répondre aux besoins. Ce manque à gagner pourrait même atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars», avait alors indiqué l’UMQ.

