Grand Montréal

Mile End: un Ultramar à troquer pour 62 logements

Le secteur nord du Mile End, près de la voie ferrée, a été ciblé comme un endroit propice à la construction de bâtiments plus élevés.

Publié le 

photo: Gaëlle Engelberts Le projet immobilier à l'étude s'inscrit dans la lignée des plans d'intensification que Montréal a prévu pour le secteur. (Photo: Gaëlle Engelberts)

La station-service située au coin du boulevard Saint-Laurent et de l’avenue Bernard est appelée à disparaître. Un projet de 62 logements, répartis sur cinq étages, pourrait venir prendre sa place.

Par Devin Ashton-Beaucage, Initiative de journalisme local, Mon Plateau

«On est très contents de remplacer un usage, qui est en déclin, par quelque chose qui est beaucoup plus en phase avec notre quartier», déclare Marie Plourde, conseillère de la Ville du district Mile-End. «Pour nous, c’est un gros gain collectif.»

Onze logements accessibles et six abordables

Parmi les 62 unités résidentielles, allant du studio au logement de trois chambres fermées, onze d’entre elles seront adaptées pour recevoir des personnes ayant un handicap.

«Ça ne devrait pas être un luxe d’avoir accès à son logement. C’est quelque chose qui est très important pour nous», se réjouit Mme Plourde.

D’autre part, six logements entreront dans la catégorie «abordable» pour une période minimale de dix ans, grâce à une contribution de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Courtoisie Rendu du projet proposé, vu de l'intersection du boulevard Saint-Laurent et de la rue Bernard, tiré du document de présentation du projet de démolition et de construction au 5791, boulevard Saint-Laurent. (Courtoisie)

La conseillère Plourde avise toutefois que l’arrondissement pourrait exiger davantage de logements dits «hors marché» lorsque le promoteur fera ses demandes de permis.

En plus des unités résidentielles, le projet immobilier prévoit trois locaux commerciaux au rez-de-chaussée, du côté du boulevard Saint-Laurent.

Au sous-sol, le plan propose une aire de stationnement pour vélos ainsi que des salles vouées au rangement de matières résiduelles. Ces dernières sont particulièrement importantes «dans un contexte où la propreté devient un enjeu extrême avec la densification», souligne Marie Plourde.

Dérogations et approbations

Certaines demandes de dérogation devront être approuvées par le conseil d’arrondissement afin que le projet immobilier voit le jour. C’est notamment le cas du nombre d’étages qui dépasse la limite maximale de trois prévue dans le Règlement d’urbanisme du Plateau-Mont-Royal.

Le projet soumis est également plus dense que ce qui serait normalement permis dans cette zone et propose des logements au rez-de-chaussée, du côté de la rue Bernard.

Courtoisie «Le PUM offre l’opportunité d’actualiser le secteur des abords des voies du Canadien Pacifique (CP)», peut-on lire dans le document dont la carte ci-haut est tirée. (Courtoisie)

Ces trois éléments dérogatoires pourraient être assujettis à des approbations référendaires, si suffisamment de résidents, propriétaires et commerçants des zones concernées en font la demande.

Le projet sera discuté dans le cadre d’une assemblée publique de consultation, le 28 avril, à la mairie d’arrondissement.

De leur côté, les élus du Plateau devront avoir adopté trois projets de résolution afin de donner leur approbation définitive au projet immobilier. Une première étape a été franchie en ce sens en février. Le dernier vote est prévu le 6 juillet, lors de la séance du conseil d’arrondissement.

Une zone d’«intensification intermédiaire»

Si l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal est favorable à ce projet immobilier, c’est entre autres parce que les hauteurs permises dans le secteur sont appelées à augmenter.

En effet, le Plan d’urbanisme et de mobilité 2050 de Montréal prévoit une «intensification intermédiaire» pour cette zone du Mile End, située à proximité des voies ferrées du Canadian Pacific Kansas City (CPKC).

Le lieu serait propice à l’augmentation de l’offre résidentielle et à une amélioration d’activités économiques, selon le document.

«C’est un petit tronçon de rue qui est particulier, qui est hétérogène», explique Marie Plourde, notant les locaux commerciaux prévus au rez-de-chaussée du bâtiment proposé.

«Tout ce qui est artères commerciales mixtes, ce sont des lieux qui vont être beaucoup plus propices à faire de l’intensification», avise-t-elle. Les zones d’intensification se créeront «à des endroits où on est capable de se déplacer facilement et où on accède facilement aux commerces.»

À l’inverse, les rues plus homogènes ne seraient pas touchées par l’intensification.

«On veut que ce soit intégré de façon sensible en lien avec le cadre bâti patrimonial du Plateau-Mont-Royal», affirme celle qui préside le comité consultatif d’urbanisme du Plateau.

Mme Plourde note aussi que d’autres projets résidentiels verront le jour sur les sites voisins de la station-essence, où se trouvent les bâtiments de l’ancienne succursale de Million Tapis et Tuiles et du Garage G. E.

«Ça reste en phase avec le quartier», résume-t-elle.