L’astronaute canadien Jeremy Hansen et ses coéquipiers de la mission Artemis II ont partagé certaines des leçons de vie qu’ils ont tirées de la préparation et de la réalisation de leur survol lunaire record du mois dernier.
Leur mission de dix jours a débuté le 1er avril depuis la Floride, emmenant Jeremy Hansen et ses trois coéquipiers américains — le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et la spécialiste de mission Christina Koch — plus loin de la Terre que n’importe quel être humain avant eux.
L’équipage a participé vendredi à un événement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, où il s’est fait poser des questions sur divers sujets, notamment le risque, la pression et le travail d’équipe.
À propos du travail d’équipe
M. Hansen a expliqué à l’auditoire que l’équipe d’astronautes s’était engagée à développer une relation étroite et y travaillait constamment, comme s’ils développaient et entraînaient un nouveau muscle. Il a ajouté que l’équipage s’était appuyé sur des experts en santé comportementale pour l’aider à développer ses compétences en communication.
«Nous leur avons demandé de nous aider à avoir certaines conversations difficiles, a-t-il expliqué. C’est ce simple engagement. Et ce que nous avons appris, c’est que, quoi qu’il arrive, quels que soient les obstacles que nous rencontrons, nous savons qu’au cœur de tout cela se trouve le désir d’être une équipe solide et, qu’en vérité, au fond, nous nous aimons les uns les autres.»
L’équipe «s’est choisie jour après jour, même les jours où nous aurions peut-être préféré être ailleurs», a affirmé Mme Koch.
«Le travail acharné est bien réel. Nous l’avons choisi. Nous avons choisi l’étreinte collective, et nous avons donné la priorité à ce choix», a-t-elle ajouté, tandis qu’une photo des astronautes en train de s’étreindre s’affichait sur l’écran derrière elle.
À propos de la pression
Mme Koch a raconté que l’équipe s’était préparée à faire face à la pression de la mission en s’entraînant à des «situations peu probables, mais aux enjeux élevés». Elle a expliqué que cette préparation avait permis à l’équipage de ressentir un sentiment de calme une fois dans l’espace.
«Nous avons veillé à ce que nos plans soient tels que, si nous arrivions dans l’espace et que nous n’avions littéralement plus aucune nouvelle du centre de contrôle de la mission, nous saurions comment revenir en toute sécurité sur Terre, a-t-elle affirmé. Et cette vigilance renforce la résilience.»
M. Glover a mis en évidence l’importance d’entraîner sans cesse les mêmes compétences jusqu’à ce que les tâches de base deviennent automatiques: «la pratique fait le procédé».
«[Dans l’espace], nous n’avions pas à réfléchir ni à traiter activement les bases, ce qui nous permettait de concentrer notre attention sur les aspects nouveaux ou uniques, et je ne saurais trop insister là-dessus», a-t-il déclaré.
À propos du risque
M. Wiseman a affirmé que le risque lié à la mission avait rappelé aux membres de l’équipage l’importance de passer du temps avec leurs proches et de ne pas laisser de non-dit.
«C’était d’appeler ses vieux amis et d’avoir une petite conversation, juste pour rappeler aux gens de se promener dans la nature, de regarder l’herbe et d’observer un oiseau voler, a-t-il raconté. Nous avons eu une motivation soudaine pour examiner simplement nos vies et nous assurer que tout était en ordre.»
M. Glover a affirmé qu’il s’était appuyé sur la prière et sur la confiance envers les personnes qui travaillaient pour assurer le succès de la mission.
«Je pense que cette confiance, fondée sur l’équipe, son jugement et ces données, combinée à la foi — nous ne sommes pas faits pour vivre dans la peur — nous a permis de garder les yeux ouverts».
À propos de l’échec
M. Hansen a affirmé que certaines personnes croient à tort que l’échec n’est pas une option pour les astronautes, ce qui est «tout simplement faux».
«Mais la différence, c’est que dans notre culture, nous ne nous arrêtons pas face à l’échec, a-t-il expliqué. Nous continuons simplement à chercher une solution.»
Il a expliqué à l’auditoire d’hommes d’affaires réuni à Montréal que cette attitude serait cruciale dans les années à venir, alors que le Canada est une nouvelle fois sollicité pour contribuer au développement de nouvelles technologies destinées à guider l’exploration spatiale future.
«Si nous voulons rester à la pointe, si nous voulons continuer à être un partenaire de choix sur la scène internationale en matière spatiale, nous allons demander beaucoup à notre industrie, comme nous l’avons toujours fait, et elle connaîtra des échecs, a-t-il déclaré. Mais ce que l’on attend — et bien sûr, c’est une valeur fondamentale canadienne — c’est que nous n’abandonnerons pas.»

