Selon un rapport récent de l’Observatoire Grand Montréal, la population de Montréal est en baisse en raison d’une immigration en recul et du vieillissement constant de la population.
Ses projections indiquent que cette tendance pourrait empêcher la ville de «connaître une croissance démographique dans les années à venir».
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
Cela contraste avec la situation d’autres grandes villes, comme Toronto et Vancouver, dont la population devrait augmenter d’ici 2050.
En 2025, la grande région de Montréal comptait 4,3 millions d’habitants, mais d’ici 2050, la ville pourrait connaître une baisse de 1,3 % de sa population.
«En revanche, une immigration plus forte et une structure d’âge légèrement plus jeune devraient permettre aux régions de Toronto et de Vancouver de compenser les effets du vieillissement et de maintenir leur trajectoire de croissance démographique», indique le rapport. «D’ici 2050, la population de Toronto devrait augmenter de 14,6 %, tandis que celle de Vancouver devrait bondir de 21,9 %.»
L’Observatoire ajoute que, pour la première fois depuis la pandémie, la population de Montréal âgée de 19 ans et moins, ainsi que celle âgée de 20 à 29 ans, a diminué.
À l’inverse, la population âgée de 65 ans et plus a augmenté de 2,9 % – soit 23 000 personnes supplémentaires en 2024 et 22 000 en 2025.
«Loin d’être un phénomène nouveau, cette tendance s’est développée depuis plus de 25 ans», peut-on lire dans le rapport. «Dès 2001, la population âgée de 19 ans et moins avait stagné, tandis qu’en 2006, la croissance de la population âgée de 65 ans et plus a dépassé celle du groupe d’âge des 40 à 64 ans pour la première fois.»
Impact sur le taux de dépendance
Dans le Grand Montréal, la population dépendante a augmenté deux fois plus vite que la population en âge de travailler entre 2006 et 2025 – soit un taux annuel de 1,4 % contre 0,7 %, respectivement.
Cela signifie que Montréal pourrait connaître un taux de dépendance de 74,7 % d’ici 2050, un chiffre nettement supérieur à celui de Toronto (64 %) et de Vancouver (61 %).
«[Cela pourrait] exercer une pression accrue sur la main-d’œuvre et les finances publiques», indique l’Observatoire. «Les cadres de vie devront également s’adapter, car le vieillissement de la population va accélérer la demande de logements plus petits situés à proximité des services.»
Il observe que le taux de dépendance a légèrement baissé en 2023 et 2024 en raison d’un afflux de nouveaux arrivants qui a temporairement renforcé la population en âge de travailler de la ville.
«Cette amélioration ponctuelle montre que l’immigration peut soutenir la population en âge de travailler, sans pour autant inverser la tendance au vieillissement», indique le rapport. «Dans le Grand Montréal, où la croissance naturelle ne suffit plus à soutenir la croissance démographique, la croissance économique et les besoins en main-d’œuvre, l’immigration reste le principal levier à court terme pour réduire la pression sur la population en âge de travailler.»
Le rapport conclut qu’à partir de 2025, la baisse de l’immigration à elle seule pourrait faire grimper le taux de dépendance à 65,1 %, un niveau record qui pourrait à terme entraîner une pression accrue sur les contribuables.

