Estrie

L’ex-maire Bernard Sévigny veut représenter le PQ: conflit d’intérêts, selon le PLQ

La conjointe de M. Sévigny est la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau.

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Bernard Savigny, à l'époque maire de Sherbrooke et président de l’Union des municipalités du Québec, prend la parole à Québec, le jeudi 12 mai 2016. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Bernard Savigny, à l'époque maire de Sherbrooke et président de l’Union des municipalités du Québec, prend la parole à Québec, le jeudi 12 mai 2016. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

QUÉBEC — Le Parti libéral du Québec (PLQ) accuse un aspirant candidat péquiste d'être en conflit d'intérêts.

L’ancien maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, veut porter les couleurs du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Richmond, a-t-on appris jeudi matin.

Or cette circonscription recoupe en partie la ville de Sherbrooke, dont la mairesse est sa conjointe, Marie-Claude Bibeau - aussi ancienne ministre fédérale du cabinet Trudeau.

Jeudi, le PLQ a rappelé qu'un député est en interaction constante avec les élus municipaux de sa circonscription. Y a-t-il matière à conflit d'intérêts?

«Oui, totalement», a répondu le député libéral Frédéric Beauchemin en mêlée de presse au parlement.

«C'est assez évident qu'on a un conflit d'intérêts. Je suis très surpris, venant du PQ, qui essaie de se peinturer plus blanc que blanc, qu'il n'ait même pas eu le réflexe d'aller demander un avis à la commissaire à l'éthique (de l'Assemblée nationale), à savoir si ça valait la peine d'avoir ce genre de candidature, avec une mairesse comme conjointe dans la circonscription où il se présente.»

En point de presse, le député péquiste Alex Boissonneault a estimé qu'il n'en est rien.

«A priori c'est normal qu'il y ait des discussions entre le palier municipal et le palier québécois. Son épouse, sa conjointe, va faire la part des choses à Sherbrooke aussi. Je pense qu'ils peuvent très bien travailler ensemble.»

Réagissant plus tard à Montréal où il prononçait une allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a dit que son parti avait déjà avisé la commissaire à l'éthique de la situation de M. Sévigny.

«La question qui devra être traitée par la commissaire à l'éthique est: est-ce que les liens personnels doivent entraîner certaines mesures de prévention? Ça, ça a déjà eu lieu en politique québécoise. On est déjà en contact avec la commissaire à l'éthique et on va suivre les recommandations», a dit M. St-Pierre Plamondon.

«Ce n'est pas la première fois que l'on voit ce genre de situation et (il faut) simplement délimiter. Donc il y aurait un avis préliminaire informel avant l'élection puis un avis formel de la commissaire à l'éthique. Ce n'est pas la première fois qu'il y aura des murs de Chine, certains sujets qui ne pourront pas être de la responsabilité de M. Sévigny, dépendamment de ce que déterminera la commissaire à l'éthique», a-t-il ajouté.

«Ce n'est rien de nouveau. Ça se gère.»

La circonscription de Richmond est représentée par le député caquiste André Bachand depuis 2018. La dernière victoire péquiste remonte à 2012, mais le Parti libéral du Québec y a été implanté pendant plusieurs années.

Durant sa carrière, Bernard Sévigny a aussi été président de l’Union des municipalités du Québec.

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

Patrice Bergeron

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Journaliste