Les prix de l’essence sont en hausse mercredi dans une grande partie du Canada, avec des hausses allant de 5 à 10 cents le litre selon la région où vous vous trouvez, selon les analystes du marché de l’essence.
«Le monde se dirige inexorablement vers une pénurie d’approvisionnement… Pas seulement en pétrole, mais cela touche désormais aussi l’essence et le diesel», a expliqué Dan McTeague, président de l’organisme Canadians for Affordable Energy.
Cela entraîne une situation difficile pour ceux qui s’arrêtent aux pompes.
Dans une station-service de Toronto, en Ontario, où les prix devraient atteindre 172,9 cents le litre mercredi, des automobilistes ont fait part de leur frustration à CTV News.
«Chaque fois que j’entends aux nouvelles que le prix de l’essence augmente, ça me fait peur; j’essaie simplement de m’adapter et de m’en sortir», a confié Kim Brown.
Alors que les hostilités reprennent entre l’Iran et les États-Unis et que l’incertitude grandit dans le détroit d’Ormuz, le coût de la vie augmente également pour les Canadiens ordinaires.
Quelques pompes plus loin, Rid Choclader affirme que l’incertitude liée au conflit est «frustrante» et un peu «effrayante».
«J’ai un enfant à nourrir moi aussi; j’essaie de faire face à toutes ces hausses de prix», a-t-il dit.
Selon Dan McTeague, cette frustration ne pourrait que s’accentuer dans les jours à venir.
«Nous traversons une très, très grave crise énergétique et les prix vont commencer à en refléter les conséquences. La situation va encore empirer au cours de la dernière semaine de juillet et de la première semaine d’août», a-t-il prévenu à CTV News.
Mercredi, le prix moyen le plus élevé à l’échelle nationale devrait être enregistré à Vancouver, à 198,9 cents par litre. L’un des prix moyens les plus bas sera observé à Edmonton, à 165,9 cents par litre.
Le prix du Brent a dépassé les 87$ le baril à un moment donné mardi. Il y a exactement un an, le Brent se négociait à 66,84$ le baril.
Les analystes estiment que le prix pourrait grimper encore davantage, dans un contexte où l’on craint que des ports d’exportation saoudiens stratégiques ne soient désormais pris pour cible par les Houthis soutenus par l’Iran.
«Les prix du pétrole brut n’ont pas encore intégré la menace qui pèse sur le port de Yanbu, en mer Rouge, où l’Arabie saoudite a pu réacheminer une grande partie de son pétrole – environ 5 millions de barils», a rapporté Bob McNally, président du Rapidan Energy Group.
Aux États-Unis, l’inflation s’est ralentie le mois dernier, en partie grâce à une baisse des prix de l’essence. Toutefois, la reprise des frappes menées tant par les États-Unis que par l’Iran contre des installations clés dans le Golfe a été un facteur déterminant de la hausse des prix du pétrole, qui ont augmenté pour une deuxième journée consécutive cette semaine.
Alors que les combats reprennent au Moyen-Orient, l’avenir des automobilistes canadiens soucieux de leur budget, à des milliers de kilomètres de là, reste à la fois tumultueux et imprévisible.
