Les détails de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas encore été dévoilés, mais les prix du pétrole réagissent déjà.
Le Brent, référence internationale pour le prix du pétrole, a chuté de près de 5% lundi, pour s’établir à 83,17$ US le baril.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Bien qu’il soit encore supérieur de plus de 10$ US au prix du Brent avant le début du conflit au Moyen-Orient, certains analystes estiment que les consommateurs doivent se préparer à une hausse des prix de l’essence dans un avenir prévisible.
«La nouvelle norme, pour ainsi dire, pour les marchés pétroliers est très, très différente de ce qu’elle était il y a trois ou quatre mois. Nous pensons que 80$ US (le baril) constituera le plancher pour le moment», a expliqué Eric Nuttall, gestionnaire de portefeuille principal chez Ninepoint Partners LP.
Jusqu’à présent, les marchés ont réagi positivement, le président américain Donald Trump ayant affirmé que l’accord avec l’Iran avait déjà été signé, contredisant ainsi les informations précédentes selon lesquelles la signature de l’accord de paix devait avoir lieu ce vendredi en Suisse.
Bien qu’il y ait eu un certain assouplissement des prix à la pompe pour les Canadiens, dans l’ensemble, le coût du plein reste élevé et pourrait le rester pendant plusieurs mois, voire plus, selon les experts du secteur.
Alors que le prix pour les consommateurs varie d’une province à l’autre, le prix moyen national à la pompe pour les Canadiens s’établissait lundi à environ 1,66$ CA le litre, selon la CAA. Il y a un an, le 15 juin 2025, le prix était de 1,35$ CA le litre.
«Nous allons être coincés pendant l’année à venir, peut-être deux ans, avec des prix inhabituellement élevés», a soutenu Dan McTeague, président de Canadians for Affordable Energy, à CTV News. «Ne vous attendez pas à voir le prix à la pompe redescendre à 1,30$ CA (par litre) de sitôt. Même avec l’allègement de 10 cents de la taxe d’accise accordé par le gouvernement fédéral, nous aurons de la chance si nous pouvons rester dans la fourchette de 1,50$ CA (par litre) pour le reste de l’année 2026.»
Les analystes soulignent que les réserves de pétrole sont épuisées et qu’il faudra du temps pour les reconstituer. Des dizaines de raffineries de pétrole et d’importantes installations énergétiques ont été bombardées et endommagées pendant le conflit, et de nombreux détails obscurs doivent encore être clarifiés.
Lundi, le ministère des Affaires étrangères iranien a déclaré qu’il prévoyait de facturer des frais de service aux pétroliers empruntant le détroit d’Ormuz, mais le montant de ces frais reste incertain.
Alors que les navires devraient commencer à quitter le détroit dans les jours à venir, les analystes affirment que ce qui importe le plus, c’est le nombre de navires qui y entrent.
«Les réservoirs à terre sont pleins, ce qui a freiné la production, et tant que les pétroliers ne seront pas prêts à entrer dans le détroit en contournant toutes les mines marines et autres obstacles, (et) tant que les navires ne seront pas prêts à entrer et à utiliser les réservoirs à terre (pour le pétrole), nous continuerons de perdre 11 millions de barils par jour de production», a indiqué M. Nuttall.
De nombreux ménages comptent sur la baisse des prix du pétrole pour faire baisser le coût de la vie. De l’épicerie à la station-service, les Canadiens paient plus cher depuis des mois.
Les navires restant à l’arrêt dans et autour du détroit d’Ormuz, il en va de même pour les secteurs étroitement liés à l’économie mondiale et canadienne.

