Transport

WestJet sommée de supprimer la limite de poids imposée aux fauteuils roulants

WestJet devrait utiliser des «plaques de répartition» pour mieux répartir le poids du fauteuil roulant dans la soute.

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Des passagers de WestJet descendent de l’avion sur le tarmac de l’aéroport de Yellowknife, le mardi 22 juillet 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Des passagers de WestJet descendent de l’avion sur le tarmac de l’aéroport de Yellowknife, le mardi 22 juillet 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Jeff McIntosh)

WestJet impose un «obstacle injustifié» aux voyageurs en situation de handicap en interdisant de fait l’accès à ses avions à certains fauteuils roulants électriques, estime l’Office des transports du Canada (OTC).

Dans une décision récente, l’autorité canadienne de régulation des transports précise que la deuxième compagnie aérienne du pays doit supprimer d’ici juillet 2027 la limite de poids de 300 livres imposée aux aides à la mobilité.

WestJet devrait utiliser des «plaques de répartition» pour mieux répartir le poids du fauteuil roulant dans la soute et organiser d’autres solutions de voyage avec d’autres compagnies aériennes d’ici là, selon l’OTC.

L’affaire a été portée devant l’OTC par Steven Fletcher, un résident de Winnipeg et ancien ministre d’État des Transports, après qu’on lui eut interdit, au début de l’année dernière, de voyager avec son fauteuil roulant sur mesure sur un vol reliant Winnipeg à Toronto.

Lui-même et d’autres défenseurs des droits des personnes à mobilité réduite affirment que cette limite de poids restreint les déplacements en avion dans certaines régions du pays et constitue une discrimination à l’égard des personnes en situation de handicap.

«Ils ont stigmatisé, aliéné et exclu toute une population de Canadiens — qui n’y sont pour rien — simplement à cause d’un chiffre arbitraire qui ne tient pas la route», a-t-il indiqué.

«WestJet aurait dû prendre des mesures proactives pour s’adapter aux fauteuils roulants électriques. Et il est évident qu’ils l’ont déjà fait par le passé, car je voyage avec eux depuis trois décennies avec des fauteuils roulants électriques, comme de nombreuses autres personnes.»

WestJet déclare ne pas avoir de commentaire à faire, car une partie de l’affaire est toujours en cours d’examen par l’OTC, qui s’apprête à rendre une décision finale concernant le délai de préavis que les passagers utilisant des aides à la mobilité doivent respecter pour la compagnie aérienne.

Aménagements dans l’avion

L’année dernière, WestJet, dont le siège est à Calgary, a fait valoir que la limite de poids était essentielle à la sécurité des vols et que la réglementation en matière d’accessibilité lui permettait de refuser le transport d’aides à la mobilité plus lourdes.

WestJet a fixé ce seuil à 300 livres en 2024 à l’issue d’une analyse technique qui a examiné la limite de poids maximale admissible par pouce carré dans les soutes de ses avions de fabrication Boeing, selon un mémoire déposé en réponse à une plainte réglementaire déposée par M. Fletcher.

La question portait sur la nature des aménagements raisonnables à prévoir pour les utilisateurs de fauteuils roulants électriques, deux transporteurs canadiens faisant valoir que la sécurité et la réglementation justifiaient ces limites de poids.

Les défenseurs des droits soulignent la grave restriction de mobilité subie par les personnes dont le fauteuil roulant fait office de prolongement de leur corps ainsi que le fait que la plupart des compagnies aériennes imposent des restrictions bien moins strictes.

Dans le cas de M. Fletcher, celui-ci a été contraint d’utiliser un autre fauteuil roulant pendant son voyage, ce qui lui a causé des douleurs et des escarres de décubitus nécessitant des soins médicaux, a-t-il témoigné.

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L’automne dernier, les parents d’une adolescente de 14 ans originaire de Saskatoon ont appris qu’elle ne pourrait pas prendre l’avion pour le Mexique dans le cadre de vacances en famille prévues, car son fauteuil roulant spécialisé était trop lourd. Son voyage lui a été refusé alors même qu’elle avait déjà voyagé avec WestJet au départ de Saskatoon en utilisant le même dispositif d’aide à la mobilité.

La compagnie aérienne a indiqué en novembre qu’elle collaborait avec la famille pour faciliter leur prochain voyage, mais que le fauteuil roulant dépassait «de manière significative» la limite de poids fixée par WestJet.

Aucune autre grande compagnie aérienne nord-américaine n’applique une limite aussi basse pour les Boeing 737 — ces appareils à fuselage étroit constituent la majorité de la flotte de 200 avions de WestJet — ni pour des avions de taille similaire, selon John Morris, fondateur du site américain WheelchairTravel.org.

Similitudes et différences selon les compagnies

Toutefois, la même limite est en vigueur chez Flair Airlines, établi en Colombie-Britannique, qui exploite exclusivement des 737, selon le site web de cette compagnie à bas coût.

«Cette politique est nécessaire pour garantir un embarquement et un rangement en toute sécurité, conformément aux limites de poids certifiées de l’appareil», a expliqué Duncan Pattillo, directeur de l’expérience client, dans un courriel envoyé l’année dernière.

American Airlines avait imposé un plafond similaire en 2020 avant de faire marche arrière face à une vague de protestations, alimentée par une campagne de sensibilisation lancée par M. Morris.

Le fait que deux des compagnies aériennes les plus importantes de l’Ouest canadien aient interdit l’accès à toute une gamme de fauteuils roulants électriques sur des milliers de vols par mois pose problème, estiment les défenseurs des droits des personnes en situation de handicap.

De nombreuses liaisons ne sont desservies que par une ou deux compagnies aériennes. WestJet est la seule compagnie nationale à assurer les liaisons Saskatoon-Calgary et Regina-Edmonton, tandis que la liaison Edmonton-Winnipeg est desservie à la fois par WestJet et Flair. Les axes les plus fréquentés comptent souvent une troisième compagnie aérienne, telle qu’Air Canada, qui semble être la seule option pour de nombreuses personnes en situation de handicap.

«Pouvoir se déplacer dans son propre pays n’est pas un service supplémentaire ni une simple courtoisie. C’est une condition de la citoyenneté», a conclu M. Fletcher.

Christopher Reynolds

Christopher Reynolds

Journaliste