Fort inquiet, un groupe de défense des consommateurs demande au gouvernement fédéral d’organiser des consultations publiques afin que le traitement des plaintes des passagers aériens victimes de retards et d’annulations de vols se fasse avec «transparence» et «indépendance».
Options consommateurs est estomaqué que la réforme adoptée mercredi par les libéraux de Mark Carney permette aux transporteurs aériens de choisir eux-mêmes l’arbitre qui tranchera les causes sans qu’aucun mécanisme n’ait été prévu pour les encadrer.
«Des balises claires devraient être établies sur la reddition de comptes et la composition du conseil d’administration de ces organismes privés», écrit l’avocate d’Options consommateurs, Sara Eve Levac, dans un communiqué publié jeudi.
Mme Levac estime que c’est carrément «le jour de la marmotte» avec Ottawa qui reproduit l’erreur commise dans le secteur bancaire pendant plus d’une décennie.
La situation s’était finalement soldée ces dernières années par un retour à un organisme unique de traitement des plaintes qui assure «un système équitable» pour les consommateurs.
Mercredi, la Chambre des communes a adopté la réforme controversée. Les libéraux et les néo-démocrates étaient en faveur, les conservateurs et les bloquistes étaient contre.
Les libéraux espèrent que leur proposition législative permettra de résorber l’arriéré de près de 100 000 plaintes de passagers aériens en attente de traitement à l’Office des transports du Canada (OTC), une situation qu’ils jugent intolérable.
Des défenseurs des droits des passagers, eux, estiment plutôt que cette réforme est un recul et qu’Ottawa va retirer la protection d’un tribunal indépendant.
Certains ont plaidé ces dernières semaines que le gouvernement devrait plutôt resserrer les règles en imposant des amendes significatives aux compagnies qui violent les droits des passagers et s’inspirer du régime européen qui permet de trancher facilement les litiges.

