Transport

Vétusté du métro et financement: QS reproche à la CAQ de «s’asseoir sur ses mains»

«Quand tout coûte plus cher, le gouvernement doit assurer un service de qualité, abordable et sécuritaire à celles et ceux qui se déplacent en métro.»

Publié le 

Des réparations en cours à la station Place-des-Arts du métro de Montréal, le 20 mars 2026. Québec solidaire exhorte la première ministre Christine Fréchette à investir dans le métro de Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov Des réparations en cours à la station Place-des-Arts du métro de Montréal, le 20 mars 2026. Québec solidaire exhorte la première ministre Christine Fréchette à investir dans le métro de Montréal. (Christopher Katsarov/La Presse canadienne)

«Les Montréalais ne sont pas des citoyens de seconde zone et ils méritent mieux que de voir la colonne vertébrale de la ville s’effondrer», a clamé jeudi la porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, lors d’un point de presse visant à dénoncer la vétusté du réseau de métro montréalais.

En compagnie du responsable solidaire en matière de Transports, Etienne Grandmont, Mme Ghazal a réclamé du gouvernement de Christine Fréchette qu’il récupère la part du Québec dans le nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC), en vigueur depuis le 1er avril. Cette somme est évaluée à 5 milliards de dollars.

«Cet argent-là nous appartient. Alors que toutes les provinces ont eu leur part du gâteau, ici, le gouvernement de la CAQ a tergiversé et nous a fait perdre un temps précieux», a déploré Mme Ghazal, devant la station De l’Église, l’une des cinq les plus mal en point du réseau, située dans l’arrondissement de Verdun.

En ce moment, les gens peinent à sortir la tête de l’eau avec la hausse du coût de la vie. Quand tout coûte plus cher, le gouvernement doit assurer un service de qualité, abordable et sécuritaire à celles et ceux qui se déplacent en métro.

—  Ruba Ghazal, porte-parole de QS

De son côté, Etienne Grandmont a reproché à la Coalition avenir Québec (CAQ) de «s’asseoir sur ses mains» en ce qui a trait au financement du transport en commun.

Comme la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, l’a exprimé il y a deux semaines au Sommet Climat Montréal, Mme Ghazal est «tannée d’attendre après Québec et Ottawa pour qu’ils s’entendent sur les investissements en transport collectif».

«Pendant qu’ailleurs dans le monde les villes développent leur métro en même temps qu’elles l’entretiennent, ici, on est obligé de quémander de l’argent, on attend, on attend, puis on fait du surplace. Ce n’est pas à la hauteur de ce qu’on est et de ce que devrait être le transport collectif en 2026. Ce n’est pas normal que notre métro tombe en ruine.»

«Ce qu’on vit aujourd’hui, ce n’est pas un hasard, c’est le résultat d’un sous-investissement chronique par le gouvernement actuel, mais aussi par les gouvernements précédents depuis les 10, 20 dernières années. On veut éviter que les gens qui utilisent le métro soient obligés de compenser ce sous-investissement. Ce n’est pas aux usagers du métro de Montréal de payer, parce que le transport collectif n’est pas un luxe, c’est un besoin essentiel», a-t-elle déclaré.

Plus de la moitié du métro en mauvais ou très mauvais état

Dans son plus récent Plan annuel de gestion des investissements publics en infrastructures (PAGI), dévoilé en mars dernier, la STM rapportait que 35 de ses 68 stations étaient considérées comme étant en mauvais ou en très mauvais état.

«Nous atteignons un nouveau sommet de dégradation de nos actifs. Les impacts de cette situation sont déjà tangibles : hausse des pannes, fermetures d’infrastructures pour travaux d’urgence et pression croissante sur les coûts d’entretien, ce qui est vraiment préoccupant. On ne peut pas laisser l’infrastructure de transport la plus importante du Canada se détériorer de la sorte», avait alors partagé le président du conseil d’administration de la STM, Aref Salem.

À l’instar de QS, M. Salem demandait que Québec puisse accéder au Fonds pour le transport en commun du Canada.

Avec de l’information de Sébastien Auger de La Presse canadienne