Des prix élevés des billets et le conflit au Moyen-Orient n’ont pas découragé les touristes qui voulaient prendre l’avion cet été, où le monde se dirige vers un record de trafic.
Les chiffres de juillet publiés lundi par l’Association du transport aérien international (Iata) sont bons pour les compagnies. La demande mondiale, exprimée en passager-kilomètre payant (RPK en anglais), a augmenté de 0,2% par rapport à juillet 2025, où avait déjà été établi un record pour un mois de juillet.
«La saison haute de l’été dans l’hémisphère nord offre un bilan principalement positif pour le transport aérien», s’est félicitée dans un communiqué l’économiste en chef de l’Association du transport aérien international, Marie Owens Thomsen.
Cette saison est cruciale pour la grande majorité des 378 compagnies membres. C’est celle où les avions décollent le plus fréquemment et sont les plus remplis, avec une clientèle plus variée que le reste de l’année.
Flightradar24, site internet de référence, avait déjà indiqué que le 23 juillet avait été la journée la plus chargée jamais vue pour l’aviation commerciale mondiale. Il avait dénombré 153 359 vols.
Record battu en août?
Le mois d’août s’annonce même encore meilleur. L’offre de vols (mesurée en sièges-kilomètres offerts, ASK en anglais), après avoir crû de 0,3% sur un an en juillet, devrait avoir augmenté beaucoup plus nettement en août, de 1,9%. Le record absolu de trafic lors d’un mois, établi en août 2025, a donc toutes les chances d’être battu.
À l’origine de ce record, une cause évidente: le tourisme, dont la croissance à l’échelle planétaire semble infinie.
Selon l’ONU, le record mondial d’arrivées de touristes internationaux établi en 2024 (1,4 milliard) a été battu en 2025, à 1,5 milliard. Or, d’après l’Iata, 58% des touristes qui franchissent les frontières le font par avion.
De nombreux pays essaient de profiter de cette manne. La Corée du Sud par exemple, dont la notoriété mondiale a été dopée par la musique, le cinéma, la gastronomie ou les produits cosmétiques, a par exemple vu l’arrivée de 21% de touristes étrangers de plus sur les sept premiers mois de 2026 par rapport à l’année précédente, selon l’Office de tourisme national.
Le kérosène coûte pourtant des prix jamais vus, en raison des ruptures d’approvisionnement que provoque la guerre au Moyen-Orient. Mais les compagnies aériennes développent leur offre, quitte à comprimer leurs marges bénéficiaires.
Cote de popularité
«Bien que les prix élevés des carburants, l’incertitude économique et les tensions géopolitiques persistent, les compagnies expriment leur confiance dans la demande d’ici à la fin de l’année», selon Mme Owens Thomsen.
Elles ont en effet prévu d’encore accélérer leur activité. Pour septembre, les membres de l’Iata prévoient une offre de 2,9% supérieure au même mois de 2025.
Cette croissance effrénée pose de graves questions sur la responsabilité du secteur dans le changement climatique, durement ressenti lors d’un été très chaud et sec en Europe.
«La croissance du secteur de l’aviation, et en particulier les vols à fortes émissions, n’est pas compatible avec les besoins de la planète», écrit le cercle de réflexion bruxellois Transport & Environment.
Conscientes du problème, les compagnies répondent par un argument simple: elles aimeraient avoir recours à des carburants «durables», d’origine non fossile, mais n’en trouvent pas sur le marché.
Et l’avion garde une belle cote de popularité. Selon le baromètre annuel, publié début août, de NATS, premier opérateur du contrôle aérien au Royaume-Uni, 70% des sondés jugeaient que «les avantages du voyage par avion font plus que compenser les inconvénients». Trois ans auparavant, ils n’étaient que 58%.
