Transport

Transports collectifs: la mairesse de Montréal «tannée» du manque de financement

«Le temps presse.»

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Soraya Martinez Ferrada participe à une conférence de presse à l'Hôtel de ville de Montréal, le mercredi 5 novembre 2025. Soraya Martinez Ferrada participe à une conférence de presse à l'Hôtel de ville de Montréal, le mercredi 5 novembre 2025.

MONTRÉAL — La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a profité du Sommet Climat Montréal 2026, qui a lieu au Grand Quai du Port de Montréal, pour demander à Québec et Ottawa de finalement s'entendre sur le transfert de fonds pour le financement des transports collectifs.

Depuis quelques années, Montréal renforce sa résilience face aux événements climatiques extrêmes en investissant dans des infrastructures pour prévenir les inondations, en accélérant l’électrification et la transition de ses bâtiments, notamment.

«Mais il faut être lucides», a lancé la mairesse de Montréal devant des centaines d’invités réunis dans le Vieux-Montréal, jeudi matin.

«La transition passe aussi par des choix structurants», comme le transport collectif, «un levier essentiel pour réduire nos émissions, améliorer la mobilité et rendre la transition accessible à tous».

Mais le transport collectif est sous-financé et la mairesse s'est dite «tannée que Québec et Ottawa ne s'entendent pas» sur la question de son financement.

«Enfermez-vous dans une salle et sortez de là avec une entente», a demandé Soraya Martinez Ferrada.

«Montréal est prête à faire sa part, mais elle doit avoir les moyens de ses ambitions et ça, ça passe par des partenariats clairs avec Québec et avec Ottawa.»

Les provinces peuvent se partager une enveloppe de 25 milliards $ du fédéral pour financer des projets de transports collectifs, mais, contrairement aux autres provinces, Québec ne réussit pas à conclure une entente avec Ottawa sur la façon d'investir la majorité de l'argent.

Il y a quelques jours, Ottawa a approuvé un transfert de 6,7 millions $ à Québec.

«Ce sont des peanuts», a réagi la mairesse en entrevue avec La Presse Canadienne.

«La part du Québec devrait être pas loin de 20 % (sur 25 milliards $) alors faites le calcul, on est loin du compte», a-t-elle ajouté en précisant que «c'est pressant de recevoir du financement pour le transport, pour le développement, mais surtout aussi pour le maintien et l'entretien des actifs».

Salle comble malgré le désengagement climatique

Malgré le désengagement de plusieurs institutions et politiciens dans la lutte au changement climatique dans les dernières années, plusieurs centaines de personnes étaient présentes, tôt jeudi, pour écouter le discours de la mairesse Martinez Ferrada à l'occasion de la cinquième édition du sommet.

«Soyons honnêtes, quand je rencontre des Montréalaises et des Montréalais aujourd’hui, ils me parlent moins de climat. Ils me parlent du coût de la vie, du prix de l’épicerie, du logement.»

Notre défi collectif est donc de «ramener l’action climatique dans la réalité des gens» et, pour y arriver, il faut «changer le narratif», a indiqué la mairesse.

«Il faut moins de théorie et plus plus de concret», a-t-elle lancé.

Un enjeu économique

Les changements climatiques ne sont «pas abstraits, ce sont des pluies plus intenses, des sous-sols inondés, des factures qui augmentent. Si ton immeuble est mal isolé, ce n’est pas un débat climatique, c’est ta facture d’Hydro-Québec qui monte. Si ton quartier manque d’arbres, ce n’est pas une statistique, c’est toi qui souffres de la chaleur l’été».

C'est «un enjeu économique» et la «transition énergétique», ce n'est pas «une contrainte», c'est une «stratégie économique».

Ce rendez-vous annuel a notamment pour but de «permettre aux leaders mobilisés des milieux d’affaires, philanthropique, syndical, politique, communautaire et environnemental de la métropole de faire des gains concrets en matière» de lutte au changement climatique.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste