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Serge Lamontagne est le nouveau PDG de la SAAQ

«La grande expérience de M. Lamontagne ainsi que son profil, ses compétences et son leadership font de lui la personne toute désignée pour relever les défis de la SAAQ.»

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Serge Lamontagne est le nouveau PDG de la SAAQ Serge Lamontagne est le nouveau PDG de la SAAQ (ENAP)

Le Conseil des ministres a procédé mercredi à la nomination de Serge Lamontagne à titre de PDG de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Ancien directeur général de la Ville de Laval de 2014 à 2018, puis de la Ville de Montréal de 2018 à 2024, M. Lamontagne succède donc à Annie Lafond, qui assurait l’intérim à cette fonction depuis juillet dernier.

«La grande expérience de M. Lamontagne ainsi que son profil, ses compétences et son leadership font de lui la personne toute désignée pour relever les défis de la SAAQ et rétablir la confiance de la population», a déclaré le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien.

M. Lamontagne hérite d’une société d’État qui a défrayé les manchettes pour les mauvaises raisons dans les dernières années. La création de la plateforme numérique SAAQclic aura engendré des ratés qui devraient coûter aux contribuables plus d’un milliard $ d’ici 2027.

Mardi, l’Autorité des marchés publics (AMP) reprochait d’ailleurs à la SAAQ plusieurs manquements en lien avec sa gestion du projet SAAQclic qui «vont à l’encontre d’une gestion responsable des fonds publics, en plus de porter atteinte aux principes d’intégrité, de transparence et de saine concurrence».

Parmi les manquements, l’AMP cite:

  • Une planification déficiente à plusieurs égards, notamment quant à l’évaluation des besoins, à l’analyse du marché et à l’estimation des coûts;
  • La modification d’éléments essentiels du contrat-cadre qui a changé la nature et le coût des travaux;
  • Le fractionnement des besoins pour éviter de se conformer aux obligations de reddition de compte.

Par conséquent, l’AMP lui ordonne de «faire réaliser un audit en temps réel, par les vérificateurs internes de la SAAQ, du contrat-cadre et des contrats connexes, et d’informer l’AMP des résultats tous les six mois».

La SAAQ devra aussi aviser l’AMP «des orientations qu’elle compte prendre concernant les livraisons qui n’ont pas été effectuées et qui étaient prévues au contrat-cadre» et faire un «autodiagnostic de sa gestion contractuelle».

L’AMP soutient également que la SAAQ a favorisé l’entreprise SAP pour sa transition numérique.

«La SAAQ a donc effectué une analyse du marché axée uniquement sur l’offre de produits et de services de SAP. Elle a même relayé à SAP une partie des responsabilités qui lui revenaient à ce titre (...) L’AMP conclut que la SAAQ n’a pas fait une analyse du marché sérieuse et documentée, et qu’elle n’a pas agi de façon neutre et objective», écrit-on dans le rapport de 51 pages.

«Aucun autre concurrent n’a bénéficié des mêmes avantages que SAP», ajoute-t-on.

Cette enquête s’est déroulée en parallèle de la commission Gallant, mise sur pied en mars 2025 et dont l’objectif est de faire la lumière sur le fiasco SAAQclic. Son rapport est attendu en février.

«La SAAQ s’engage à répondre aux recommandations et aux ordonnances de l’AMP et soumettra un plan d’action dans les délais demandés», affirmait Annie Lafond.

Avec la collaboration de La Presse canadienne