Trop chère et similaire à une Nissan Leaf, le nouveau modèle électrique de Ferrari sème la controverse et l’inquiétude sur les marchés.
Le constructeur italien de voitures de luxe a présenté lundi à Rome à des clients triés sur le volet la Luce — «lumière» en italien — affichée à 550 000 euros (environ 883 858 dollars canadiens).
Il s’agit du deuxième modèle Ferrari à quatre portes de l’histoire de la marque après le VUS Purosangue, et du premier modèle cinq places pour une marque plus connue pour ses filants coupés.
«Ce nouveau modèle transmet vers l’avenir les valeurs qui rendent Ferrari immédiatement reconnaissable dans le monde entier», a déclaré John Elkann, président de Ferrari (et de Stellantis), après avoir présenté la voiture au président de la République italienne.
Le magazine automobile britannique Auto Express a qualifié ce nouveau modèle comme une «voiture Apple dont personne ne voulait», en référence à l’ancien chef du design d’Apple, Jony Ive, dont l’agence a participé à sa conception.
«C’est insultant pour ceux d’entre nous qui possèdent ces voitures», a confié Lauren Fix, experte automobile américaine et propriétaire d’une Ferrari lors de l’émission Quest Means Business sur CNN. «Elle ressemble à une Nissan Leaf.»
«Scandaleusement chère et, d’un point de vue esthétique, ça parle de soi… Elle ressemble à tout sauf à une voiture du cheval cabré», a réagi Matteo Salvini, le ministre des Transports de l’Italie, sur X.
Elettrica, costosissima (550 mila euro!) e, dal punto di vista estetico, si commenta da sola... Sembra tutto fuorché un'auto del Cavallino. E questa sarebbe “innovazione”? Chissà Enzo Ferrari cosa direbbe... pic.twitter.com/zITSlz1a9j
— Matteo Salvini (@matteosalvinimi) May 26, 2026
D’ailleurs, les investisseurs ne sont pas encore convaincus par ce virage électrique. L’action Ferrari a chuté de plus de 8% à la Bourse de Milan le lendemain de la présentation de la Luce.
«Nous restons d’avis qu’un modèle électrique affichant un prix élevé (…) ne générera pas de volumes importants», ont commenté dans une note les analystes d’Equita. «Nous ne considérons pas que les volumes de ce modèle soient déterminants pour influencer les résultats du groupe, mais puisqu’il s’agit d’un premier modèle avec une nouvelle motorisation, il est important de préserver l’image de qualité et de performance».
Pour la banque Akros, si le passage à l’électrique fait baisser les marges de la marque, «le prix extrêmement élevé compense» cependant «largement» cette baisse. Pour ses analystes, ce nouveau modèle attirera «une nouvelle base de clients» chez Ferrari.
Avec des informations de CNN et de l’Agence France-Presse
