Le gouvernement de Doug Ford réexamine actuellement son soutien à un projet de train à grande vitesse après que le gouvernement fédéral eut écarté l’idée d’agrandir l’aéroport Billy Bishop, a indiqué une source à CTV News.
Le projet Alto, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, relierait Québec à Toronto et promet de réduire de moitié la durée du trajet entre ces deux villes. C’est le Toronto Star qui a été le premier à rapporter cette nouvelle.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Plus tôt cette année, M. Ford et le premier ministre Carney ont signé l’entente intitulée Partenariat Canada-Ontario pour la construction, dans laquelle les deux gouvernements s’engagent à appuyer la planification et l’avancement du projet Alto.
Lors d’une conférence de presse tenue mardi après-midi à London, en Ontario, le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, s’est engagé à continuer de militer en faveur de l’agrandissement de l’aéroport malgré la décision du gouvernement fédéral.
Vendredi dernier, le gouvernement Carney a mis un frein aux projets d’agrandissement de l’aéroport de l’île. Le ministre des Transports, Steven McKinnon, a déclaré que les travaux se limiteraient aux améliorations de sécurité déjà approuvées et en cours, et n’incluraient pas le prolongement de la piste.
M. Sarkaria s’est dit «déçu» par l’annonce du gouvernement fédéral.
«Nous avons vu le gouvernement fédéral prêter l’oreille à un petit groupe marginal de Toronto», a-t-il dit. «En tant que province, nous continuerons de faire avancer la modernisation de cet aéroport, car c’est la bonne chose à faire.»
Demande pour restituer les terrains
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, demande quant à elle au gouvernement provincial d’abroger le projet de loi 110, qui lui confère le contrôle d’une partie des terrains du secteur riverain de Toronto.
Mme Chow souhaite que l’Ontario restitue ces terrains à la Ville, notamment plusieurs parcs, l’île elle-même et le littoral environnant près de Hanlan’s Point.
«Si la réponse est non, pourquoi voulez-vous un parc local et des plages locales? Comme si cela avait toujours appartenu à la Ville de Toronto», a-t-elle dit lors d’une entrevue accordée mardi à CTV News Toronto. «Nous espérons que le gouvernement provincial rendra ces terrains à la Ville.»
Lundi, Mme Chow a présenté une motion d’urgence au conseil municipal pour interpeller la province.
La mairesse a souligné que Toronto compte poursuivre la remise en état des plages en proie à l’érosion situées près de la zone initialement prévue pour le projet d’aménagement.
«Nous avons la plage de Hanlan’s Point. Il y a plusieurs plages sur les îles de Toronto. Nous sommes sur le point d’y consacrer un peu d’argent, car elles subissent l’érosion», a-t-elle ajouté.
Lorsqu’on lui a demandé si le gouvernement provincial avait l’intention d’abroger la loi lui accordant autorité sur le secteur riverain de Toronto, M. Sarkaria a répondu qu’il n’avait «aucune intention» de le faire.
M. Sarkaria a ajouté que l’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop «est logique d’un point de vue économique et permet de préparer son avenir non seulement pour les quatre prochaines années, mais aussi pour les 20, 30 ou 50 prochaines années».
«Comme je l’ai dit, nous appuyons pleinement le plan de modernisation proposé par l’Administration portuaire de Toronto», a-t-il expliqué. «Nous exhortons le gouvernement fédéral à continuer d’examiner cette proposition, car elle est judicieuse pour les gens qui souhaitent voyager par avion et disposer de différentes options, et elle vise également la réalisation de grands projets.»
La mairesse Olivia Chow a depuis lancé une pétition demandant aux résidents de faire pression sur la province pour qu’elle restitue le terrain à la Ville de Toronto.
«Le gouvernement Ford a toujours affirmé que l’agrandissement de l’aéroport de l’île pourrait générer des milliards de dollars chaque année pour l’économie. Que répondez-vous à cela? Je ne vois pas comment cela pourrait fonctionner. J’aimerais beaucoup voir un plan d’affaires, une analyse de rentabilité», a-t-elle conclu.

