Avec deux ans et demi de retard, le nouveau train grande à vitesse français, présenté comme plus écologique, a enfin réalisé vendredi son premier service commercial, entre Paris et Marseille, avec une multitude d’innovations techniques à bord.
S’élançant avec ses premiers passagers une semaine après un terrible accident en Espagne qui a endeuillé le ferroviaire européen en causant la mort de 69 personnes, le nouveau TGV fabriqué par Alstom ne roule pas plus vite que les rames les plus récentes circulant sur le réseau français, soit 320 km/h.
Mais ce TGV, seul dans le monde à circuler à une telle vitesse avec deux étages, se veut plus confortable, modulable, écologique et économique que ses prédécesseurs. Grâce notamment à son nez effilé et un aérodynamisme renforcé, il promet de consommer 20% de moins d’énergie en accueillant jusqu’à 20% de passagers supplémentaires.
Le patron de la SNCF, les chemins de fer français, Jean Castex, à bord, a salué un TGV «exceptionnel», «plus humain», sobre, économique et «de son temps».
Côté environnement, le train émet 50% de CO2 de moins par voyageur que le premier TGV lancé en 1981. Il emploie 25% de matériaux issus du recyclage et affiche un taux de recyclabilité de 97%.
Côté économie, les 25 000 informations analysées en temps réel doivent lui permettre de recourir à la maintenance prédictive, ce qui raccourcit les temps d’immobilisation en atelier et réduit de 30% les coûts de maintenance.
Progrès majeur pour l’adaptation au réchauffement climatique: il est doté d’une batterie de stockage d’énergie, ce qui lui permettra de poursuivre sa route jusqu’à la gare la plus proche en cas de rupture de caténaire au milieu de nulle part à cause de la canicule, comme l’été dernier.
Les nouvelles rames remplaceront progressivement, sur dix ans environ, le parc existant, dont les trains les plus anciens datent des années 90.
Sur les 160 exemplaires commandés par la SNCF pour plus de 5 milliards d’euros, 100 sont destinés au marché français, 15 aux liaisons France-Belgique, 30 au réseau Eurostar et une quinzaine au marché italien où la SNCF compte se développer.
Sur l’axe Paris-Marseille, il sera en concurrence frontale avec le Frecciarossa (flèche rouge) de l’Italien Trenitalia, construit par Hitachi.
Les retards industriels liés à la période du Covid-19 ont retardé sa mise en service.
Depuis cet été, la SNCF a mené les premiers roulages de rodage sans voyageurs commerciaux à bord. 1.600 «clients-mystères», dont des salariés de la SNCF ou d’Alstom, ont noté leur expérience.
